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Tabaski sans Pain

Publié le par nassaramoaga

Tabaski: pas de pain pour accompagner la soupe de mouton

 

http://fasozine.com/images/stories/BLOG-BARKBIIGA/baguetteb.jpgD’habitude, c’est le mouton qui fait objet de spéculations en cette période qui précède l’Aïd el Kébir. Cette année, c’est le pain qui manquera sur la table, le jour de la Tabaski, l’ensemble des travailleurs des boulangeries du Burkina Faso ayant entamé une grève de 72 heures, allant du vendredi 4 au dimanche 6 novembre 2011, sur toute l’étendue du territoire.

 

Il n’y aura pas, sauf revirement de situation ou une sortie de stock providentiel, de pain pour accompagner la soupe du mouton de la Tabaski cette année. En effet, à deux jours de la fête de l’Aïd el Kébir, la Fédération nationale des boulangers et pâtissiers du Burkina (FNBPB) a entamé une grève de 3 jours. Aux dires des responsables des syndicats rencontrés à la Bourse du travail ce vendredi soir, il ne s’agit en rien d’une initiative pour gâcher la plus grande fête musulmane. «Si nous sommes en grève, c’est parce que nous n’avons pas le choix, car nous-mêmes ne pourrons pas fêter du fait que nous n’avons pas assez d’argent. C’est pourquoi nous demandons une augmentation de salaire».

 

Les agents des boulangeries «Wend Konta», «Four mixte», «Sonaf», «Fatim», «Tarra», «Nabonswende», demandent donc, la satisfaction de la plateforme revendicative, comportant 16 points, allant de l’augmentation salariale de 80%, à la reprise de travailleurs licenciés en passant par le respect de la réglementation du travail. En attendant les différentes rencontres de concertation, le consommateur est condamné à se passer de pain, du moins pendant quelques jours. En face, l’Union des fondateurs de boulangeries et pâtisseries du Faso, par la bouche de son président, Rimon Hajjar, patron des boulangeries «Wend Konta», dénonce cette grève qui, selon elle, est juste une occasion de «saccage et de pillage».

 

C’est ainsi que des boulangeries auraient été saccagées par les grévistes dans la nuit du 3 au 4 novembre. Selon le président de l’Union des fondateurs de boulangeries et de pâtisseries du Burkina Faso, Rimon Hajjar, la grève d’hier était une occasion de nuire. «Il est vrai que la centrale syndicale avait dit hier que tous ceux qui veulent travailler peuvent le faire dans la quiétude et qu’il n’y aura pas de violences, mais ce n’est pas ce qui s’est passé», a déclaré M. Hajjar. Même ceux qui ont ouvert en attendant minuit (date du début de la grève) pour fermer ont été pris pour cibles par les grévistes. C’est ainsi que des boulangeries comme la «Baguette du Faso», «Terra», «Sonaf», etc., ont essuyé des dégâts. «Pain emporté, des coffres forcés, deux commis blessés, menaces à l’aide d’armes légères et plus de 500 000 francs CFA emportés…».

 

C’est le bilan partiel de dommages subis par certaines boulangeries et égrené par Rimon Hajjar. De plus, a-t-il révélé, «en ce qui concerne les travailleurs de ma société, nous avions déjà satisfait 11 des 13 revendications syndicales, et les deux points sur lesquels nous sommes en désaccord doivent être examinés au niveau du conseil arbitral». L’homme dit donc ne pas comprendre la nouvelle plateforme revendicative qui en outre n’a pas fait l’objet de discussion au niveau de sa structure. En attendant, «je suis sidéré qu’environ 4 000 boulangers sur tout le territoire burkinabè, décide de faire perdre leur boulot à plus de 100 000 clients revendeurs de pain qui vivent eux de ce métier et de priver les enfants et les adultes qui raffolent de cette denrée».

 

Source: Fasozine

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