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Présidentielle 2010 !!

Publié le par nassaramoaga

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Quatre jours après l’élection présidentielle du 21 novembre 2010, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé hier en fin de journée, les résultats provisoires. En attendant l’onction définitive du Conseil constitutionnel, c’est, sans surprise, Blaise Compaoré qui rempile au palais de Kosyam avec 80,21% des voix. Suivent sur le podium Hama Arba Diallo (08,18%) et Me Bénéwendé Sankara (06,34%), François Kaboré étant la lanterne rouge avec 00,64%. Pendant ce temps, le juge administratif, saisi par Me Sankara, déclarait la carte d’électeur illégale.


 

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C’était l’événement dans le non-événement. Alors que tous les médias le guettaient depuis l’ouverture des urnes pour recueillir, à l’image des six autres prétendants, ses impressions après qu’il eut accompli son devoir de citoyen, le candidat Bénéwendé Stanislas Sankara s’est pointé en fin de journée pour dire qu’il n’accomplirait pas son acte.

 

 

http://www.lefaso.net/local/cache-vignettes/L260xH284/maitre-8-857ef.gifIl protestait ainsi contre l’inorganisation du scrutin matérialisée notamment par l’absence de certaines données d’identification sur la carte électorale, jugée de ce fait illégale à ses yeux. Son commissaire général de campagne, le député Yamba Malick Sawadogo avait de ce fait introduit une requête auprès du tribunal administratif le 17 novembre 2010. Et le docteur (en droit) Salifou Dembélé de se demander, dimanche nuit sur le plateau de la TNB, ce qui se passerait si la requête du plaignant était acceptée. Il ne pensait pas si bien dire.

 

Hier en effet, alors que les yeux étaient déjà braqués sur la salle des Banquets de Ouaga 2000 où la CENI a procédé dans l’après-midi à la proclamation des résultats, on apprenait que le tribunal administratif a donné raison au député Sawadogo en déclarant la carte d’électeur non-conforme à la loi.

 

Si pour colmater la brèche législative, l’Assemblée nationale, pour adapter la loi aux insuffisances du sauf-conduit, avait effectivement voté en octobre 2010 une loi rectificative qui supprimait, à l’article 53 du code électoral, la filiation des informations devant figurer sur le précieux document, dans leur précipitation, les députés ont oublié d’étendre cette disposition au lieu de naissance.

 

Et c’est cela qui pose problème. Alors, question : puisque le droit a été dit, et si la décision de justice devait être confirmée après l’appel (devant le Conseil d’Etat) que va interjeter l’institution incriminée, on fait quoi de cette élection et de la réconduction du président Blaise Compaoré ?

 

Le premier magistrat, garant de la Constitution qui est la mère des lois peut-il être élu avec un document hors-la-loi ? Le caractère illégal de la carte d’électeur implique-t-il ipso facto l’irrégularité de tout le processus et peut-il fonder l’annulation de la consultation comme le réclament des adversaires de Blaise Compaoré ?

 

C’est au Conseil constitutionnel qu’il revient en dernier ressort de proclamer les résultats définitifs et officiels, et donc éventuellement de trancher ce problème dont les vainqueurs se seraient bien passés et on est curieux de savoir quelle décision va prendre in fine l’institution que préside Dé Albert Millogo.

 

En attendant, et quand bien même cette nouvelle donnerait lieu à un intéressant débat juridique, ça fait vraiment désordre et ceux qui festoient depuis et chantent des dithyrambes en l’honneur de leur champion devraient avoir la décence d’avoir le triomphe moins bruyant. Car derrière la CENI, c’est toute l’autorité politique et législative qui est au banc des accusés car également comptable de ce cafouillage qui n’honore personne.

 

Source: L'Observateur Paalga

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