La dette de l’Occident
Cinq siècles qui ont signifié la destruction des économies, des civilisations et des sociétés d’une grande partie de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique et de l’Australie, le déracinement de leurs cultures et de leur patrimoine forestier pour faire place aux cultures utiles à l’exportation vers l’Europe.
La dette contractée par la "civilisation occidentale" est immense. Des dizaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été déportés. La moitié mourait durant le voyage vers les Amériques. De ceux qui débarquaient, une autre moitié mourait tuée par les maladies qui les trouvaient sans défense et par la "justice" des colons. (Aux Etats-Unis d’Amérique, au début du 20ème siècle encore, des citoyens américains envoyaient à leurs amis et parents des cartes postales avec la photo, bien mise en évidence, de noirs pendus, victimes de lynchages, très communs à l’époque).
La "préférence nationale" n’est pas une invention de Le Pen, mais la politique mise en œuvre par son pays durant la phase vétéro-coloniale, durant la phase impérialiste et durant la phase néo-coloniale, qui dure encore aujourd’hui, de même que l’ "immigration choisie", slogan à sensation inventé par son digne compère Sarkozy, n’est qu’une définition "créative" de la traite et de la vente de viande humaine hier sur le marché des esclaves et aujourd’hui dans les "ventes aux enchères" qui se déroulent tôt le matin, dans certains quartiers de Paris et de sa banlieue, pour engager une main d’œuvre sous-payée et sans droit.
Les "grandes démocraties occidentales" ont été en première ligne dans la conquête coloniale, qu’il suffise de considérer que font partie de l’actuel territoire national français la Guyane ou l’île de la Réunion, du territoire anglais les îles Malouines (pardon, Falkland) ou le rocher de Gibraltar, du territoire espagnol Ceuta ou Melilla qui se trouvent en …Afrique ainsi que les îles Canaries.
Les "petites" démocraties occidentales n’ont pas été en reste : il est suffisant de penser à l’immense empire colonial du Portugal, à celui des Pays-Bas et au territoire sans fin du Congo "belge".
La démocratie occidentale par excellence, la démocratie étasunienne, fier paladin des droits de l’homme, est même allée jusqu’à soutenir que l’entier Continent américain est son "jardin privé", étendant progressivement ce concept à la totalité
de la planète.
Et, alors que les négriers des siècles de l’esclavagisme devaient affronter des dépenses pour la capture de la "marchandise" et pour
son transport, y compris les coûts accessoires en découlant, avant de pouvoir encaisser leurs profits , les négriers actuels encaissent carrément gratis les considérables dividendes produits par des secteurs entiers d’activité économique qui n’existent et ne produisent des richesses que grâce au travail de dizaines de millions de migrants "clandestins" qui se sont payés chèrement même le voyage.
Les derniers arrivés au banquet colonial n’ont pas été en reste : qui le veut peut se documenter, en profitant utilement des études d’Angelo Del Boca, sur l’expansion coloniale italienne en Erythrée, en Somalie, en Libye et en Ethiopie. Leurs horreurs sont en tous points dignes de celles dont se sont entachés les autres "commensaux" européens.
Le fil rouge de la résistance
Et pourtant, dés le début de cette énorme boucherie, les Africains se sont rebellés, ont combattu pour leur liberté. Il y a eu, dans les immenses territoires colonisés, dépeuplés par le génocide des populations autochtones et repeuplés par la traite des esclaves africains, des expériences de révolte victorieuses, de créations d’états avec leurs propres économie, institutions et gouvernements .
Bien sûr, étant donné, comme dit Marx, que l’histoire est l’histoire des classes dominantes, il n’est pas facile de trouver trace de cette gigantesque bataille qui a commencé au 16ème siècle et qui est toujours en cours aujourd’hui. Et pourtant certains de ces états ont réussi à subsister, par exemple sur l’immense territoire du Brésil, un siècle même !
Source: ( thomassankara.net )