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Assassinat de Tom Sank

Publié le par nassaramoaga

Le 15 octobre 1987, à 16 heures, un commando formé par les hommes de Blaise Compaoré assassine, au Conseil de l'Entente, Thomas Sankara, ainsi que nombre de ses collaborateurs et gardes du corps. Sankara avait pris le pouvoir par un coup d'État le 4 août 1983, aidé en cela par Blaise Compaoré. Il s'était lancé dans une campagne contre la corruption, campagne symbolisée par le changement du nom du pays de Haute Volta en Burkina Faso ou « patrie des hommes intègres » . Les procès pour corruption étaient diffusés à la radio. Il voulut imposer aux fonctionnaires de participer à des chantiers, créer un nouveau mouvement politique, les CDR, obliger de consommer les produits locaux. Mais il s'est cantonné dans une phraséologie révolutionnaire peu comprise par la population et il s'est heurté aux partis et aux syndicats. Il avait mis en alerte Paris par ses liens étroits avec le colonel Kadhafi. En 86, le Burkina avait parrainé une résolution de l'ONU en faveur de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Chirac, alors premier ministre écrivit à Aurillac, ministre de la Coopération : « Trop c'est trop. Il convient d'en tirer les conséquences et d'aller au-delà de ce que nous avions envisagé pour ce qui concerne la réduction de l'aide à ce pays pour 1987. » (Canard Enchaîné oct-nov 87, qui souligne l'hypocrisie des regrets de Chirac pour la mort de Sankara). Paris conditionnait l'octroi d'un prêt à la signature d'un accord avec le FMI (Claire Brisset Une nouvelle forme de mobilisation sociale au Burkina-Faso Monde Diplomatique mai 1987). Blaise Compaoré, son meilleur ami, l'a fait assassiner et a pris sa place. Il prétendit que Sankara voulait l'arrêter. Il dit avoir mis fin au « régime autocratique » de Sankara. Compaoré serait lié par sa femme, nièce de Houphouet-Boigny, aux milieux d'affaires ivoiriens (José-Alain Fralon Le Monde 27/10/87).


Implication de la France :


Les rapports avec la France étaient pour le moins difficiles. L'implication de Houphouet-Boigny est probable. Eyadema est le premier président à reconnaître le régime de Compaoré (cf Libération 31/10/87). La coopération de la France avec le nouveau régime, n'est pas remise en question (Libération 31/10/87), alors que le Parlement européen suspend toute aide, puis s'intensifie quelques mois après. Compaoré envoie très vite des signaux à la France, notamment, le Burkina s'abstient dans un vote à l'ONU sur la Nouvelle-Calédonie (Le Monde 4/11/87). La France a au moins souhaité l'éviction de Sankara. Elle a sans doute fait plus par amis interposés.

Sources :


François Xavier Verschave, La Françafrique - Le plus long scandale de la République, Stock page 173.

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