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APRES LE RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES

Publié le par nassaramoaga

Le PAREN demande des comptes au président du Faso

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Dans cette lettre ouverte au président du Faso, le PAREN (Parti de la renaissance nationale) demande au premier magistrat du pays d’agir en instruisant le gouvernement pour une saisine du procureur du Faso, sur les cas d’irrégularités constatés par la Cour des comptes.

Excellence Monsieur le président, Le mardi 15 décembre 2009, la Cour des comptes qui est une juridiction chargée de juger la régularité des comptes publics et d’en contrôler l’usage par les gestionnaires, vous a officiellement transmis son rapport relatif à la gestion pour l’année 2008 de plusieurs institutions et entreprises publiques. A travers cette remise officielle, la Cour prend une fois de plus à témoin l’opinion nationale et internationale sur votre responsabilité dans le sort réservé à ses investigations et confirme du même coup le dernier rapport de International budget partnership (I.B.P) et le CGD sur le peu de transparence dans la gestion budgétaire au Burkina Faso. Dans le rapport de la Cour, les entreprises publiques comme la SONABHY, la CARFO, le PDRDP-B/K, le CEGECI et surtout la prestigieuse institution qui vous a investi, à savoir le Conseil constitutionnel, ont été épinglées.

Cette liste vient allonger une autre liste de mauvaises gestions révélées et ce depuis l’institution de la Cour en 2000 par la loi 14-2000 AN du 16 mai 2000 que vous avez vous-même promulguée. En effet, dans son souci de veiller au bon emploi des fonds publics, la Cour a relevé dans la gestion de plusieurs entreprises publiques et institutions des irrégularités graves, des entorses à la légalité qui vont du non respect de la réglementation des achats publics et de la fiscalité à l’absence ou la mauvaise tenue des livres et documents comptables en passant par la non application des règles déontologiques relatives par exemple aux professions comptables.


La question de la mairie de Ouagadougou a particulièrement scandalisé l’opinion publique. Sur cette question, le peuple ne vous a pas entendu. D’autres cas n’ont laissé personne indifférent. C’est l’exemple du Médiateur du Faso qui s’est illustré avec des dépenses surréalistes dignes de l’ère pharaonique : 44 000 F de frais de mission pour accompagner le Médiateur à l’aéroport de Ouagadougou, une paire de chaussures à 39 000 F pour chauffeur, frais d’habillement du directeur de cabinet à 703 000 F. Encore une fois, la loi du silence a prévalu. Monsieur le président, vous avez la lourde responsabilité d’empêcher que certains individus s’autorisent à ramer à contre-courant des vertus d’intégrité et d’honneur en régnant en véritables sangsues sur ses maigres richesses. Certes, l’article 41 de la loi 14-2000 précitée permet à la Cour à travers son procureur général qui reçoit aussi communication des rapports avec pièces justificatives, de déférer aux juridictions compétentes les agissements constitutifs de crimes et délits ; mais devant l’inertie d’action qui est en passe de se cristalliser au sein de la Cour, les regards se tournent vers vous.


Le PAREN vous prie d’instruire immédiatement votre gouvernement aux fins de saisine du procureur du Faso, qui reçoit en vertu de l’article 39 du code de procédure pénale les plaintes et dénonciations et décidera de la suite à leur donner.


Le peuple qui vous a accordé sa confiance à plus de 80% selon les chiffres proclamés par celui qui est en cause dans le dernier rapport, doit tout simplement savoir si les différentes fautes de gestion ont servi les intérêts des différents gestionnaires pendant la période concernée. La société d’espérance promise, tel l’horizon fuyant, s’éloigne progressivement à l’approche du terme de votre mandat. Pendant ce temps, une poignée d’individus emportés par leurs appétits gargantuesques de la fortune, s’accaparent des richesses nationales au détriment d’une grande majorité de la population qui s’enfonce inexorablement dans la misère. Aujourd’hui, au Faso, 10% des plus riches détiennent 32.2% des revenus contre seulement 2.8% aux mains des plus pauvres. En outre, de 1994 à 2003, le nombre de Burkinabè vivant en-dessous du seuil de pauvreté est officiellement passé de 44.5% à 46.4%.


Tout se passe comme si du sommet de l’olympe, vous contemplez, blasé et impuissant, à l’exploitation éhontée des richesses du Burkina, pays pauvre très endetté parmi les plus pauvres du monde. L’aveu de votre directeur général des douanes dans Sidwaya du 18 décembre en est une illustration parfaite. Plus de 300 millions par mois de pertes sur les fraudes de motos et impossible pour l’heure, au dire de ce responsable, d’attaquer le sanctuaire de la fraude, à savoir le Théâtre populaire pour ne pas troubler l’ordre public.


Monsieur le président, vous avez eu le courage d’affirmer en décembre 2001 que le pays est à la croisée des chemins. Mais, nous osons croire que tout n’est pas irrémédiablement perdu pour ce peuple travailleur et courageux. Le PAREN vous demande de temporiser vos multiples sorties internationales et d’affronter ne serait-ce que pendant trois bons mois, les vraies questions qui taraudent l’esprit des Burkinabè. Il est grand temps d’agir car la nation vous demandera tôt ou tard des comptes. Veuillez agréer, Excellence Monsieur le président, l’expression de notre profond respect. 


Tahirou BARRY Secrétaire aux questions juridiques et politiques du PAREN Mail :barry_centre@yahoo.fr


Source : Le Pays

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