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Tiken Jah Fakoly fait son "African Révolution"

Publié le par nassaramoaga

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Tiken Jah Fakoly reviendra le 27 septembre avec "African Revolution", un album qu'il concocte actuellement entre la Jamaïque, Londres, Bamako et Paris. Il démarrera dans la foulée de la sortie de ce disque une tournée internationale de deux ans, qui passera par la France cet automne. Il sera notamment le 11 novembre à Tours, le 12 au Mans, le 14 à Caen, le 16 à Rennes, le 17 à Nantes, le 18 à Bordeaux, le 20 à Marseille, le 22 à Toulouse, le 25 à Paris, le 26 à Lille, le 28 à Nancy, le 29 à Lyon et le 1er décembre à Strasbourg.

L'ensemble des dates de la tournée viendront soutenir le projet "Un Concert Une Ecole", permettant de financer un programme de construction d'écoles en Afrique. Ces derniers mois, le chanteur africain s'est en effet investi dans la création de concerts itinérants dans son pays natal, en Côte d'Ivoire, afin de récolter des fonds à cet effet. Il prolonge désormais son initiative au travers de cette nouvelle tournée qui passera par l'Europe et les Etats-Unis.

 

Source : www.musicactu.com

 

 

http://www.africahit.com/news/images/articles/2010_03/9062/u1_tiken.jpg

 

Rappel :


Il y a cinq ans Tiken Jah Fakoly vivait encore à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, son pays. A cette époque, il y faisait même construire une maison dans son quartier de Yopougon. En l’espace de quelques années, cet artiste dioula originaire du nord avait exaucé son rêve le plus cher : devenir une star du reggae africain. Avec ses albums Mangercratie (1996), Cours d’Histoire (1999), Le Caméléon (2000), Françafrique (2002) et Coup de Gueule (2004) il démêlait l’écheveau d’une réalité politique et sociale confuse à l’aide d’un langage simple et direct. Ses cibles étaient précises et il n’en ratait aucune : les politiciens qui attisent la haine ethnique, s’étonnant ensuite qu’il y ait des massacres, ceux qui font leur beurre avec le système « françafrique », où trafics et délits d’initiés sont monnaie courante, au détriment du reste de la population qui crève la dalle ainsi que ceux qui pratiquent la corruption à tout va. Sa pertinence, son audace, son acharnement lui permirent de gravir rapidement les échelons de la notoriété, chez lui en Côte d’Ivoire mais aussi dans le reste de l’Afrique francophone où il occupe désormais une place prépondérante. En France, ses albums Françafrique et Coup de Gueule ont été certifiés disques d’or et en 2003, il obtient une Victoire de la Musique. Mais cette popularité lui a valu également de terribles inimitiés et en 2002, alors que la situation se dégrade dans tout le pays, qu’à Abidjan et ailleurs une chasse aux « étrangers » (souvent de simples citoyens ivoiriens dioulas) s’organise, Tiken doit se résoudre à l’exil. Sa vie en dépend. Il s’installe à Bamako, au Mali, terre dont ses ancêtres mandingues sont originaires. Et là, l’Africain entame sa reconstruction.


Sur son nouvel album, Tiken Jah Fakoly est cet Africain dont l’identité multiple est déclinée dès la première chanson (« dioula, akan, sénoufo, brésilien, black-américain …») comme pour mieux en réaffirmer la richesse culturelle, disséminée partout dans le monde, mais aussi l’unité. Cet Africain vit aujourd’hui une expérience extrême, celle de se voir chaque jour un peu plus mis à l’écart, distancé dans la course folle de la globalisation. C’est cette expérience que Tiken nous fait partager sur ce disque poignant et engagé.


Ouvrez les Frontières, écrit par Magyd Cherfi (chanteur de Zebda) et en duo avec Soprano (Psy4 de la Rime), est ainsi le premier volet d’un triptyque consacré au douloureux sujet de l’immigration. Car trop souvent l’Africain n’a d’autre choix que de partir pour échapper à sa condition. Cette quête d’eldorado n’est pas sans risque (où aller où ?): les images se bousculent, elles font mal. Le volet se ferme sur l’Africain à Paris, adaptation du Englishman in New York de Sting.


Cette collaboration avec Magyd, ébauchée avec Tonton d’America sur l’album précédent, se prolonge ici sur deux autres chansons dont le bouleversant Soldier. En duo avec le rappeur américain d’origine sénégalaise Akon, Tiken rend ici hommage à tous ses frères de ghetto qui, de l’Irak à la Somalie, sont entraînés dans des conflits qui leur échappent.


L’Africain d’aujourd’hui est également déchiré entre tradition et modernité. Tiken s’indigne des coutumes moyenâgeuses du mariage forcé (Ayebada) ou des mutilations sexuelles (Non à l’excision). Il y a toujours eu une certaine tristesse dans sa voix mais, c’est l’un des prodiges du reggae, il s’agit d’une tristesse de combat, infatigable et finalement pleine d’espérance.


L’Africain a été enregistré dans le studio que Tiken a ouvert à Bamako, le H. Camara, du nom de ce comédien ivoirien qui l’avait hébergé à ses débuts et qui depuis a été assassiné par les escadrons de la mort. C’est aussi la première fois que sont réunis en studio les musiciens qui l’accompagnent habituellement en tournée. Tout un symbole car dans ce groupe se retrouvent un peu toutes les couleurs de la diaspora: ivoiriens, béninois, antillais, cap verdien et aussi quelques français, quelques « françafricains » devrait-on dire. De Bamako à Londres en passant par Paris, la réalisation de Kevin Bacon et Jonathan Quarmby (producteurs anglais du premier album de Finley Quaye) donne à l’ensemble cette étonnante touche « roots » futuriste faisant de L’Africain à la fois l’album le plus traditionnel et le plus contemporain de Tiken à ce jour. Cet équilibre, on le doit autant à l’apport de programmations hip hop, à l’usage de samples ( Yéyé de Geoffrey Oreyma sur Non à l’Excision), qu’à l’intervention d’ instruments mandingues (avec la participation exceptionnelle du joueur de kora Toumani Diabaté sur Ma Côte d’Ivoire).


Cette dernière chanson offre à l’Africain une lueur d’espoir. Aujourd’hui son pays tente de se reconstruire après avoir failli basculer dans la guerre civile. Chantée avec son compatriote Beta Simon, Ma Côte d’Ivoire est ainsi un message de réconciliation, un pont jeté entre deux camps, deux ethnies, deux douleurs. Elle résonne comme une promesse de retour et d’unité, un acte de foi dans l’avenir. Par un héros d’aujourd’hui.


Source : site officiel de Tiken Jah Fakoly



 

Et pour le plaisir des yeux et surtout des oreilles


 

 

 

 


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