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SECURITE DANS LES AEROPORTS OCCIDENTAUX

Publié le par nassaramoaga

Chronique d’une galère annoncée pour les Africains

http://media.rtl.fr/online/image/2009/1227/5931623592_Un-appareil-de-la-compagnie-Delta.jpeg

Umar Farouk Abdulmutallab est désormais rentré dans l’histoire. Pour les uns il l’aura fait de la pire des façons qui soient, à travers un acte terroriste, mais pour d’autres, notamment ses maîtres à penser de la nébuleuse terroriste, c’est un héros. Umar, simple assassin ou défenseur d’une cause ? Comme on le voit, le fossé idéologique qui sépare les nations développées et certains groupes islamistes radicaux est plus que jamais béant. A-t-on du reste jamais cherché à le combler ? En tout, on a l’impression que le problème est toujours résolu partiellement par les pays sous la menace terroriste. L’illustration la plus parfaite, c’est ce branle-bas de combat dans les aéroports européens et américains. Une réaction que l’on pourrait qualifier d’épidermique, car ne pouvant en rien être une solution durable à la question du terrorisme. Cela ressemble à toutes ces dispositions policières et législatives prises par les mêmes pays industrialisés pour arrêter le flot des immigrants clandestins. Elles n’arrivent pas à endiguer les vagues successives de candidats africains à l’eldorado occidental parce qu’aucune alternative de vie décente ne leur est offerte.


L’Afrique accroche donc, depuis l’acte insensé du Nigérian Umaru, un autre trophée à son palmarès déjà peu élogieux, celui d’être un vivier en devenir de kamikazes. L’Afrique de l’Ouest risque de payer un lourd tribut de cette affaire. Car qui sait jusqu’où peut aller le renforcement des mesures de contrôles ? Pour le moment, il s’agit des aéroports. Bien sûr, la fluidité du trafic et la libre circulation des voyageurs s’en ressentiront. Mais après les aéroports, les Etats-Unis pourraient passer à une autre étape en durcissant davantage les conditions d’octroi des visas aux Africains. Cette éventualité n’est pas à exclure, d’autant que Barack Obama, d’origine africaine lui-même, devrait donner des gages de son impartialité vis-à-vis du continent, en montrant qu’il est d’abord le président des Américains. Depuis le début de son mandat, le premier président américain de père noir n’hésite pas du reste à donner ces signaux. Lors de son premier périple africain, il a soigneusement évité le Kenya, le pays de son père.


Mais en dépit de tous les efforts qu’il consentira, Obama ne peut éviter les critiques de ses adversaires républicains. N’ayant plus de grains à moudre depuis que Barack Obama a décidé de l’envoi de renforts massifs en Afghanistan, continuant ainsi la politique de George W. Bush dans ce pays, ils saisiront cette opportunité pour tirer à boulets rouges sur les démocrates. Ce à quoi l’Administration Obama réplique, en minimisant la portée de l’acte de l’apprenti terroriste. Il s’agit d’une part de ne pas paniquer les Américains et de l’autre, de ne pas exagérer les défaillances du système de sécurité américain. En tout état de cause, Obama est obligé à un jeu d’équilibrisme. Lui, le Nobel de la paix, doit aussi guerroyer, surtout pour sa politique intérieure. Et tant pis pour les Africains de l’Ouest, si la survie politique du locataire de la Maison Blanche passe par plus de contrôles et moins de visas.


Source : Le Pays ( Par Mahorou KANAZOE )


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