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" Sankara dans mes rimes " Les artistes célèbrent le leader de la Révolution burkinabè

Publié le par nassaramoaga

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs405.snc3/24516_345567709132_345566844132_3343602_3322041_n.jpgAu Centre culturel Georges Kaboré situé à quelques encablures du lycée Mixte de Gounghin, lieu convivial des artistes et des fidèles du Jah, a lieu chaque soir des projections cinématographiques. Le vendredi 12 mars, les habitués du coin étaient encore au rendez-vous. Mais il fallait patienter car la zone était momentanément privée d'électricité. Une bonne heure passée et l'éclairage revient. L'on s'affaire pour les derniers réglages, mais en attendant, l'assistance visionne le dernier clip de Sana Bob, le crieur public. Puis vient le moment de la projection du film "Sankara dans mes rimes".


Le modeste public composé essentiellement de jeunes assiste captivé par les séquences qui défilent. Les artistes interviennent, le Président Thomas Sankara fait des apparitions, mais également les couches sociales burkinabè de l'époque en pleine activité. Les stars qui interviennent sont connues par leurs prises de position. Le Sénégalais Didier Awadi dont le studio d'enregistrement porte le nom du président du CNR se prononce sur sa compréhension de l'intégrité. Bazic Saoul, Smarty, un membre du groupe Obscur Jaffar… Chacun y va des ses explications et de son appréciation des œuvres du leader de la Révolution d'août 1983. A la fin de la projection, un débat s'instaure. En guise d'introduction, le réalisateur Baoui Ziba explique les conditions dans lesquelles il a réalisé le film. Des questions subsidiaires et des commentaires viennent s'ajouter.


sankara-on-guit.jpgMais ce qui a retenu l'attention de certains, c'est une question innocente posée par un gamin. Qui a tué Thomas Sankara ? A cette interrogation, un intervenant s'est lancé dans des envolées accablant la France et la Côte d'Ivoire tout en pointant au passage la main mise interne. Mais d'autres orateurs non satisfaits de ces circonvolutions ont montré que le crime a profité à quelqu'un au Burkina et que c'est à ce dernier que l'on doit incriminer. Une mention spéciale a été faite à l'équipe de réalisation du film dont le discret mais efficace Gidéon Vink. Cet hommage militant rendu au Président Sankara par le biais du 7ème art est une reconnaissance de la révolutionnarisation du cinéma africain à travers l'éclat qu'il a donné au Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) à partir de 1985. Ce festival de cinéma africain a été créé en 1969 sous la houlette du général Sangoulé Lamizana alors chef de l'Etat de la Haute-Volta, mais la Révolution a été pour beaucoup dans son rayonnement. C'est d'ailleurs à l'occasion d'une rencontre réunissant des cinéastes en 1981 pendant qu'il était secrétaire d'Etat à l'Information sous le régime des colonels que Sankara avait décrié le manque PDVD_077.jpgde contenu de classe de ce régime en proférant la phrase qui est restée célèbre : " Malheur  à ceux qui bâillonnent leur peuple ".


Pour les musiciens qui témoignent dans le film, ils ont sans se rendre compte peut-être rendu hommage à un des leurs. Sankara était aussi musicien. Grand amateur de guitare, il a été à la base de la création de Missil Band de Pô et des orchestres comme Les Petits chanteurs au poing levé et Les Colombes de la Révolution. C'est sous sa présidence également que la Semaine nationale de la Culture (SNC) a vu le jour ainsi que les prémisses du SIAO dont la première édition devrait être organisée en fin octobre 1987.


Source : Merneptah Noufou Zougmoré ( L'Evènement )

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