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norbert Zongo : La crise passée, les mauvaises habitudes reprennent

Publié le par nassaramoaga

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Hier, cela faisait 11 ans jour pour jour que Norbert Zongo a été assassiné. C’est la première fois que l’anniversaire du drame de Sapouy tombe un dimanche, le jour même où le crime a été commis. C’est en effet le dimanche 13 décembre 1998 que le directeur de publication de L’Indépendant a été retrouvé carbonisé avec ses 3 compagnons d’infortune en rade de Sapouy alors qu’il se rendait dans son ranch de Safari Sissili.


 

C’est à peine si, par une sorte de funeste prémonition, notre confrère n’avait pas annoncé sa mort quelques jours plus tôt. C’était le début d’une crise sans précédent dans les annales de l’histoire burkinabè, puisque tout de suite, le lien a été fait entre ses activités journalistiques et le sort pas du tout enviable qui lui a été réservé.


Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Faso sans que justice lui soit rendue. Une commission d’enquête indépendante (CEI) a certes été rapidement mise sur pied qui, après quelques mois d’investigation, a désigné 6 suspects sérieux, tous membres du régiment de sécurité présidentielle (RSP) ; un juge d’instruction a ensuite pris le relais de la CEI et il avait dans un premier temps inculpé, le 2 février 2001, l’adjudant Marcel Kafando, mais après de longues années de tergiversations, de coups d’arrêt et de blocages divers, un non-lieu a été finalement prononcé le 18 juillet 2006.


C’était à l’évidence la seconde mort de Norbert, ainsi que nous l’avions titré alors, un enterrement de première classe du dossier, qui dort depuis au parquet de Ouagadougou dans l’attente d’improbables nouveaux éléments pour sa réouverture.


Il faut dire que le temps, qui peut être notre fidèle allié, sait aussi être notre cruel ennemi, et jusqu’à présent, les assassins de Norbert, qui ne perdent rien pour attendre, auront eu les croisés de la lutte contre l’impunité à l’usure. Le Collectif des organisations démocratiques de masse et des partis politiques, qui était jadis le fer de lance de la lutte, n’est plus, n’en déplaise à certains, que l’ombre de lui-même. Son affaiblissement a en fait commencé avec le départ de l’un de ses pères-fondateurs, Me Hermann Yaméogo, qui n’avait pu résister aux chants des sirènes du pouvoir.

Il en est depuis revenu. Puis ce fut le tour de son président, Halidou Ouédraogo, d’avoir des ennuis de santé et d’être suspecté d’être passé à l’ennemi dès lors que, devenu avocat, il a été conseil d’El Hadj Oumarou Kanazoé. Les querelles de leadership et de personnes, voire les conflits d’intérêts et d’objectifs ont fait le reste, car, à dire vrai, le collectif a toujours été un panier à crabes, et ses membres dirigeants étaient couchés sur la même natte sans avoir pour autant les mêmes rêves. Du coup, le travail de sape du régime sur fond de verrouillage sécuritaire s’est fait sans trop de difficulté.


Et 11 ans après, force est de reconnaître que, passée la crise, les mauvaises habitudes, qui ont toujours la vie dure, refont surface. Vous en voulez une preuve, une seule ? Les voici de nouveau qui parlent de nouvelle révision constitutionnelle pour faire sauter le verrou de l’article 37, que, contraints et forcés, ils avaient fini par concéder au plus fort de la crise en même temps que d’autres réformes politiques et institutionnelles. Oubliées, les recommandations du collège de sages, jetées depuis à la poubelle.


Le régime, qui avait vacillé sur ses fondations, pliant sans toutefois rompre tel un roseau, semble de nouveau requinqué, or, chasser le naturel, il revient toujours au galop. En cette période anniversaire de l’autodafé de Sapouy, les insouciants auraient cependant tort de penser que l’affaire est enterrée à jamais, car le mensonge a beau courir, la vérité et la justice finiront par le rattraper. Tôt ou tard.


Source : L'Observateur Paalga ( La rédaction )

 


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