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Méningite : Déjà plus de 700 morts au Burkina Faso

Publié le par nassaramoaga

La méningite de type cérébro-spinal qui frappe chaque année le Burkina Faso a tué plus de 700 personnes depuis début janvier selon les estimations officielles du ministère de la Santé.


http://www.ocadesburkina.org/spip/local/cache-vignettes/L194xH143/N564_meningite_faso-1bbed.jpg

Du 1er janvier au 18 avril 2010, le Burkina a enregistré 5118 cas suspects de méningite dont 718 décès, soit une létalité de 14%. En 2009, à la même époque, le nombre de cas était de 3150 pour 445 décès. Depuis la mi-mars, une nouvelle souche de méningocoque, "neisseria meningitidis X", a été découverte. Les personnes les plus touchées par le méningocoque X sont celles de moins de 30 ans qui représentent environ 90% des cas. Selon les autorités sanitaires, il n’existe encore aucun vaccin contre cette forme de méningite. Seuls des antibiotiques sont disponibles.


Au cours de la période du 1er janvier au 18 avril 2010, onze districts sanitaires, situés dans sept régions administratives, ont franchi le seuil épidémique de 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine. Il s’agit des districts de Nanoro et de Sapouy dans le centre ouest, de Pama à l’Est, de Titao, Gourcy et de Séguénéga au Nord, de Batié au Sud-ouest, de Pouytenga au Centre-est, de Barsalogho au Centre-nord, et de Tougan dans la boucle du Mouhoun. Et au cours de la dernière semaine, six districts sont toujours en épidémie. Il s’agit des districts de Séguénéga, de Gourcy, Pouytenga, Toma, Tougan et de Barsalogho.


Un mal récurrent


http://web.univ-pau.fr/RECHERCHE/CIEH/images/Logo_OMS.pngL’Organisation mondiale de la santé (OMS), indique que cinq pays africains (Burkina, Ghana, Niger, Nigeria et Tchad) ont développé la méningite cette année. Le Burkina Faso à lui tout seul représenterait 40% des cas de méningite déclarés. Le Burkina Faso est situé dans la ceinture méningitique africaine allant du Sénégal à l’Ethiopie et connaît régulièrement des épidémies. En 1996, on notait 4 363 décès sur 42 967 cas de méningite. Un an plus tard, sur 21 897 cas, 2 460 décès seront enregistrés. En 2006 la méningite a tué 1677 personnes sur un nombre cumulé de 19 162 cas. En 2002, la souche W135 apparue en Arabie Saoudite a été diffusée en Afrique subsaharienne par des pèlerins de retour de la Mecque. Au Burkina, on avait dénombré près de 14 455 personnes touchées dont 1 443 décès. La période la plus dangereuse est celle de l’harmattan caractérisé par des vents chauds et secs. Ces vents sont propices à la propagation des germes responsables de la maladie. La méningite se transmet par contact avec une personne atteinte. La transmission bactérienne s’opère de personne à personne par les gouttelettes de sécrétions respiratoires ou pharyngées. La période d’incubation se situe entre 2 et 10 jours et est en moyenne de 4 jours.


Les symptômes les plus fréquents sont une raideur de la nuque (flexion douloureuse de la tête vers l’avant), une fièvre élevée, une photophobie (éblouissement douloureux par la lumière), un état confusionnel, des céphalées (violents maux de tête) et des vomissements. Les malades souffrant de méningite due au méningocoque X présentent les mêmes signes que les autres formes de l’épidémie. En effet, la maladie commence habituellement par une fièvre d’apparition brutale, accompagnée de céphalées et souvent de vomissements. Chez l’enfant de moins d’un an, on trouve habituellement une fièvre associée à un bombement de la fontanelle et des vomissements.


Un problème de santé publique


Selon l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), même lorsque l’on diagnostique la maladie très tôt et qu’un traitement approprié est institué, 5 à 10 % des malades décèdent, habituellement dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes. La méningite bactérienne peut entraîner des lésions cérébrales, une surdité partielle ou des troubles de l’apprentissage chez 10 à 20 % des survivants. Pour cette raison, l’instance onusienne estime que la méningite doit toujours être considérée comme une urgence médicale, un problème de santé publique. L’admission à l’hôpital ou dans un centre de santé est nécessaire. Le traitement antimicrobien (antibiotiques) doit démarrer dès que la ponction lombaire a été pratiquée. Au Burkina Faso, les premiers responsables du département de la santé, dans leur croisade contre le mal, décident, entre autres, de renforcer les stocks en médicament et en consommables, pour la prise en charge gratuite des malades. Ils exhortent les populations à appliquer les mesures recommandées par les agents de santé sur le terrain. C’est-à-dire, la consultation et un traitement précoce et adapté.


Source : Arsène Flavien BATIONO ( www.ocadesburkina.org )

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