Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le faso Dan Fani

Publié le par nassaramoaga



Rappel sur  le tissage au Burkina Faso


Le tissage traditionnel sur un minuscule métier, ne pouvant fabriquer qu'une bande d'étoffe étroite, est toujours pratiqué. Mais avec cet outil rudimentaire, le tisserand burkinabè est capable de réaliser des merveilles. Notamment de splendides couvertures polychromes aux motifs géométriques, sans oublier les magnifiques tenues traditionnelles encore portées aujourd'hui, aussi bien à la campagne qu'à la ville où son port a une forte connotation identitaire.
Un pays avec une aussi forte tradition cotonnière ne pouvait qu'être célèbre pour ses tissus et habits multicolores " Faso Dan Fani ", fabriqués avec cette noble matière.


Un métier à tisser d'origine Nomade


Les caractéristiques techniques du métier à tisser reflètent son origine nomade, puisque c’est un métier démontable et transportable. Il se définit par son peigne et ses lices suspendues, qui lui confèrent une grande rapidité d’exécution grâce à la synchronisation du travail : les pieds sélectionnent les nappes de fils de chaîne grâce aux pédales qui actionnent les lices, et les mains assurent alternativement le passage de la navette pour former la trame, et le rabat du peigne pour tasser le tissage. Ce métier réalise une longue bande de tissage d’une dizaine de centimètres de largeur, qui est enroulée au fur et à mesure de son exécution sur la poitrinière.

Source : www.cairn.info



Ce qui fit la célébrité du Faso Dan Fani



L’arrivée au pouvoir, en 1983, de Thomas Sankara va avoir une très grande incidence dans le secteur du tissage féminin. Le discours qu’il prononce quelques années plus tard, le 8 mars 1987 à l’occasion de la Journée internationale de la femme, illustre d’une part son appui à l’émancipation de la femme, et d’autre part son engagement à la promotion des tissages locaux ou dan fani . De manière remarquable, le pupitre duquel il parle est recouvert d’un tissage réalisé par une tisseuse sur un métier amélioré (Sankara, 2001).
Nous retiendrons deux phrases essentielles dans son discours : [La femme doit] « s’engager davantage, dans l’application des mots d’ordre anti-impérialistes, à produire et consommer burkinabè en s’affirmant toujours comme un agent économique de premier plan – producteur comme consommateur des produits locaux » (Sankara, 2001 : 31). Plus loin, il précise : « La femme dans son foyer devra mettre un soin à participer à la progression de la qualité de la vie. En tant que Burkinabè, bien vivre, c’est bien se nourrir, c’est bien s’habiller avec les produits burkinabè » (Sankara, 2001 : 38).
Thomas Sankara fixe alors un double objectif : produire et consommer. La production de dan fani va alors se structurer. Progressivement, les femmes qui tissent s’organisent en coopératives et sortent ainsi de l’invisibilité du statut de ménagère pour acquérir une reconnaissance sociale. C’est ainsi que se forme par exemple, en 1984, la Coopérative de production artisanale des femmes de Ouagadougou (COPAFO), située au centre de Ouagadougou, à côté des anciens établissements Peyrissac. Leur présidente, Marie-Odette Ouedraogo, me confia qu’elle avait appris le tissage en 1972, dans le centre social de Vilbagro, et exerçait ce métier à son domicile . L’exemple d’autres coopératives de femmes lui a fait comprendre qu’en se regroupant les femmes gagnaient davantage qu’en travaillant de manière individuelle à la maison. Elle s’associa alors avec d’autres tisseuses, des couturières formées à Dapoya et des teinturières, pour former la coopérative qui comptait 22 membres en 1998.
De même, fut créée l’UAP Godé (Unité Artisanale de Production) dans le quartier de Kamsonghin. Marceline Savadogo, la coordinatrice de l’unité, nous a expliqué qu’il s’agissait en fait d’une structure du ministère de l’Action sociale. Le ministère a équipé le centre, c’est-à-dire a financé la construction de l’établissement, a acheté les métiers à tisser et a procédé au recrutement des tisseuses. Comme nous le précise Mme Savadogo, il s’agit d’un centre de production et non d’apprentissage. Les femmes travaillent sous un grand préau, qui leur permet de tisser tout au long de l’année, sans souci des saisons. Leur production est vendue dans la boutique de la coopérative, qui donne sur l’avenue Ouezzin Coulibaly.
Grâce aux infrastructures permettant de travailler quelle que soit la saison, le tissage devint une profession à part entière, créatrice d’emplois, même au-delà de la formation des coopératives. On peut noter par exemple que l’Association des tisseuses du Kadiogo (ATK) regroupe plus de 600 femmes qui travaillent à la maison selon leur disponibilité.
Cette organisation de la production des femmes se conjugue avec un objectif de consommation locale, c’est-à-dire que les rouleaux d’étoffes tissées ne sont pas destinés à l’exportation, mais s’adressent avant tout à la population autochtone. Ce principe donna lieu au mouvement «Faso dan fani», par lequel Thomas Sankara contraint son peuple à revêtir les étoffes locales. Almissi Porgo, le conservateur du Musée National, nous relata cette période : « Sous la Révolution, l’habit traditionnel était imposé comme tenue de service. Imposé, c’est-à-dire qu’il y avait un décret pris par le gouvernement qui imposait qu’un fonctionnaire ne se présentait pas au service en d’autre tenue que dans une tenue confectionnée à travers le tissu Faso dan fani. Et celui qui ne le faisait pas était passible de sanctions. Ce qui fait que le tissage s’est développé durant cette période-là. Tout le monde devait s’habiller avec ce tissu. »
Cette mesure assura de fait une clientèle importante aux coopératives nouvellement créées et aux tisseuses à domicile. Cette action révèle l’objectif quantitatif que Thomas Sankara s’était fixé comme priorité : il fallait que les femmes produisent beaucoup de dan fani, et rapidement, car elles avaient un marché assuré.

Source : www.cairn.info


Le Faso Dan Fani aujourd'hui



(Album photo sur le site www.francoisI.com)

Le Faso Dan Fani s'est fait un nom,des défilés de mode ont lieu rien que pour lui :

Le défilé de mode, exclusivement consacré au Faso dan fani, tenu à Paris le 21 mars 2009, a regroupé des centaines de personnes de toutes les catégories sociales, aussi bien africaines que françaises. La salle de spectacles qui a refusé du monde a connu une ambiance bon enfant et les attentes des invités comblées par les deux groupes de présentateurs, dont la spécificité diffère grandement l’une de l’autre, même si coiffure et tenue vestimentaire se marient forcément tout dépendant du « feeling » et du « design » issus de l’inspiration des promoteurs. Au cours de la manifestation, une préséance a engagé en premier « Maï feeling coiffure » sur scène. Une préséance qui a été l’occasion pour les invités de la soirée, d’admirer les différentes coiffures que dévoilaient les mannequins à chaque sortie sur le podium. Plusieurs modèles de coiffure présentés ont en effet retenu l’attention des femmes surtout, qui avaient fait le déplacement pour s’enquérir des nouveautés africaines en matière de coiffures et les modèles de tailleurs en vogue. Le public, venu très nombreux à ces présentations de coiffure et de mode, s’est beaucoup intéressé au défilé de mode qui a immédiatement suivi celui de la coiffure. Un défilé de mode qui avait un caractère très particulier dans une capitale française dont les habitudes ne sont pas orientées vers le port du tissu « made in Burkina », le Faso dan Fani. Et pourtant, de très jolies coupes ont été présentées par la dizaine de mannequins tous burkinabé, managés par la talentueuse organisatrice Cynthia Ouattara (Tara). Pendant donc deux heures d’horloge, la salle de spectacles louée pour la circonstance a vibré d’applaudissements et de cris de joie provoqués par des sorties captivantes et plaines de charme, tant les différents modèles séduisaient et ne laissaient donc personne indifférent. Surtout pas les femmes, qu’elles soient africaines, françaises ou de toute autre nationalité présentes dans la salle. Pour le promoteur du défilé de mode, François 1er, la manifestation s’est bien déroulée à tel point qu’il en est satisfait, au vu de l’affluence et de l’ambiance qui y régnait. « Beaucoup de nos invités qui sont arrivés un peu tardivement n’ont pas pu avoir accès à la salle qui s’est vite remplie autour de 23 heures », a-t-il confié avant de poursuivre : « Ce gala répond à notre souci de valoriser nos produits typiquement burkinabé ici en France. Nous pensons atteindre cet objectif au vu de ce qui s’est passé ce soir ». Selon François 1er en effet, la soirée de gala s’est bien déroulée et a même dépassé ses espérances car l’affluence qui se dessinait au compte-gouttes aux environs de 22 heures, heure locale, s’est vite renforcée une heure après. La salle était pleine. Le spectacle pouvait donc commencer. Pour Cynthia Ouattara, la soirée a été une réussite et les filles ont bien joué leur rôle de mannequins, offrant ainsi au public un beau défilé qui va rester longtemps gravé dans la mémoire des convives. « Je suis vraiment ravie de cette soirée. Dans la mesure où notre devoir ici en France est de contribuer à la valorisation de nos cultures nationales, nous ferons tout pour que le Faso dan fani, entre autres produits made in Burkina, soit consommé en France. Cela est aussi notre contribution à pousser notre pays à se faire mieux connaître à l’extérieur ».

Source : Le Faso Dan Fani émerveille

Commenter cet article

booobooob 20/11/2009 13:58


yes I
trop trop beau son ensemble, serieux la classe !!!

tient si tu veux ma banniere flash :









j ai mit l accueil demon site en flash, si tu veux venir voir, j aimerai avoir tes critiques sinceres stp, merci !!! et bonne journee Nassa