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Gestion du sinistre du 1er septembre

Publié le par nassaramoaga



Il est présentement question de relogement des sinistrés pour libérer les salles de classes. Des tentes ont été dressées sur de nouveaux sites. Une visite sur le terrain nous rappelle « les camps des réfugiés » que nous avons l’habitude de ne voir que sur les chaînes de télévision. Qui aimerait voir son parent loger dans ces habitats de fortune ? A l’impossible nul n’est tenu, est-on tenté de dire. Mais là encore, les tentes manquent. Les occidentaux n’ont pas donné assez de tentes. Revoilà la question de notre dépendance ! Pour le moment, le gouvernement fait le minimum. Ces sites sont-ils temporaires ou définitifs ? Temporaires, nous voulons le croire. Le ministre de l’Habitat, Vincent Dabilgou interrogé par notre confrère Sidwaya a promis : « Il y a trois solutions possibles. Pour ceux qui sont dans une zone non aménagée, non lotie et qui avaient construit dans un marigot, nous devons trouver un meilleur site pour ces gens. Nous sommes en train de travailler pour trouver des trames d’accueil dans des sites mieux aménagés. Il y a aussi ceux qui sont installés dans des zones aménagées, généralement le long des barrages. Que leur maison soit tombée ou pas, ils sont touchés par le décret. Il va falloir rejoindre une zone qui leur sera aménagée. Mais, il y a dans les mêmes zones des gens qui ont squatté, de sorte à prolonger le lotissement pour s’installer dans les lits des barrages. Ces gens ne peuvent présenter ni titre foncier, ni PUH. Ils ne peuvent pas être traités de la même façon que ceux qui ont été attributaires de leur parcelle. Il y a également ceux qui habitent le long des canaux d’évacuation des eaux. Il faut dégager désormais des zones de servitudes, car ces ménages doivent aller dans une zone que nous devons aménager. Il y a des personnes non concernées par le déguerpissement dans ces mêmes espaces. Dans le sens de l’aide dont a parlé le Premier ministre, ces personnes doivent pouvoir reconstruire. Il y a nécessité de sérier les cas, parce que si le problème devait se résoudre de façon globale, cela poserait des problèmes de compréhension » in Sidwaya n° 6519 du mercredi 30/09/2009. Il devrait avoir un chronogramme pour qu’il y ait plus de compréhension. Le temps ne joue ni en faveur du gouvernement, ni en faveur des sinistrés. Plus vite les sinistrés retrouveront leurs propres habitations, moins ils seront coûteux pour l’Etat. Les réalisations qui sont faites sur les sites pour donner un minimum de conditions d’existence aux sinistrés laissent croire qu’elles s’inscriront dans le temps. Comment le gouvernement va-t-il mettre fin un jour aux camps des sinistrés ? Telle est la grande question. Trouver et aménager des espaces pour les sinistrés à Ouagadougou ne semble pas être chose facile pour le gouvernement. S’il prend trop de temps pour trouver des sites définitifs pour les sinistrés, il ne serait pas surpris de voir certains sinistrés déserter les lieux pour une simple question d’honneur.


Ces sociétés d’Etat qui donnent à l’Etat


Beaucoup de sociétés d’Etat ont contribué pour l’aide aux sinistrés. Pour exemple, la LONAB et la SONABHY ont contribué chacune à hauteur de 50 millions de FCFA. Nous nous demandons comment une société d’Etat peut-elle donner de l’argent à l’Etat ? Le gouvernement a déjà voté un budget pour faire face au sinistre. Ces sociétés contribuent-elles ou pas ? Les sociétés d’Etat ont-elles besoin de défiler au grand jour pour faire connaître leur contribution ? Même pour une question d’image, cela ne convient pas trop. Cette ambiguïté paraît aux yeux de certains comme une aberration. En pareille situation, l’objectif visé devrait être la collecte des dons privés (individus et entreprises). Tout laisse croire que les dons ne sont vraiment pas des dons.


Le secteur privé a-t-il vraiment donné ?


Les premiers responsables des entreprises privées ont aussi défilé pour répondre à coups de publicité à l’appel à la solidarité. Une publicité à peu de frais a dit un confrère. C’est de bonne guerre pour les entreprises qui tiennent à leur image. La réalité est que ces entreprises ne perdent rien. Certains fiscalistes ont démontré que ces dons sont déductibles sur les impôts. En dehors des cent (100) millions de FCFA d’El hadj Oumarou Kanazoé, les contributions de certaines entreprises sont en deçà des attentes. Si l’on s’en tient à leurs chiffres d’affaires, aux milliards qu’elles brassent, ce ne sont que des miettes qu’elles ont laissé tomber pour les sinistrés. Le gouvernement pouvait proposer des plafonds aux opérateurs de téléphonie mobile et aux sociétés minières. Ce qui lui aurait permis d’atteindre son objectif.


Comment va-t-il gérer les entreprises privées sinistrées ?


Les entreprises privées sinistrées semblent réclamer aussi au gouvernement des dédommagements. En effet, lors de la rencontre gouvernement/secteur privé tenue à Bobo-Dioulasso le 28 septembre dernier, l’opératrice économique, Alizèta Ouédraogo a voulu savoir ce que le gouvernement compte faire pour les entreprises sinistrées ? Nous n’avons aucun doute sur le fait que les entreprises de la « belle-mère » soient touchées parce qu’implantées dans les zones sinistrées. La « belle-mère » réclame-t-elle sa part de sinistrée ? La réponse donnée par le gouvernement n’exclut pas d’étudier la question. Nous n’avons aucun doute non plus que le gouvernement se penchera avec la diligence et la rapidité qui siéent. Tout se passera à notre insu. Wait and see. Ça ne sera ni la première fois ni la dernière fois qu’elle bénéficiera d’un soutien du gouvernement. Son monopole dans les cuirs et peaux et l’immobilier est une illustration parfaite de la solidité de ses liens filiaux. Néanmoins, si le gouvernement trouve une solution aux problèmes des administrations publiques sinistrées, les entreprises privées sinistrées ont aussi droit à quelque chose. Ne serait-ce qu’un allégement fiscal. C’est une question de justice.


Source: Nabi Youssfou ( l'Indépendant )

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