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enfin un front commun africain contre le paiement de la dette

Publié le par nassaramoaga


«  Si le Burkina-Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là, à la prochaine conférence ».

 


Ainsi s’exprimait le Président Burkinabé, le Capitaine Thomas Sankara à la tribune de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), en juillet 1987. Par ces mots Thomas Sankara s’élevait contre le paiement de la dette illégitime et odieuse sous le poids de laquelle l’Afrique croule toujours. Il considérait, à raison, cette dette comme une reconquête savamment orchestrée du continent africain, c’est pourquoi lors de cette rencontre à l’OUA, Thomas Sankara a lancé un appel à ses pairs pour que dans un mouvement collectif, tous s’opposent au remboursement de la dette. Son appel est resté sans réponse et trois mois plus tard, le 15 octobre 1987, il était assassiné. Cette tragique disparition n’a pas étouffé l’éveil des consciences africaines, bien au contraire elles ont été suscitées et aiguisées.


La tenue à Cotonou et à Lomé, du 26 octobre au 2 novembre 2009 du séminaire international et du forum sur les droits humains et la dette, avec à la clé la création d’un front pour l’annulation de la dette du Tiers-monde constitue la preuve que l’appel lancé par Thomas Sankara, il y a vingt deux ans, a enfin été entendu . En effet, le Bénin, la Belgique, le Burkina-Faso, le Congo Brazza, la Côte d’Ivoire, la France, la Guinée Conakry, Haïti, l’Inde, le Mali, le Maroc, le Niger, la RDC, la Tunisie et le Togo, se sont engagés de façon résolue dans la lutte pour l’annulation de la dette du Tiers Monde. C’est à Lomé, la capitale du Togo qu’a eu lieu la mise sur pied effective de ce front, immédiatement suivi de ses premières activités dédiées à la jeunesse estudiantine, sans mette à l’écart les personnes âgées et les couches sociales marginales. De l’amphithéâtre de l’université de Lomé à l’arbre à palabre d’Hangoumè (un village situé à 65 kilomètres de la capitale), de nombreuses personnes ont rejoint la lutte contre la dette. 


La constitution d’un front est essentielle car si certaines Institutions, telles que le Programme des Nations pour le Développement (PNUD), reconnaissent que le poids de la dette étouffe les budgets de nombreux pays en développement, la plupart des Institutions Financières Internationales (IFI) et des gouvernements des pays riches font semblant d’ignorer les conséquences dramatiques de la dette, préférant défendre leurs intérêts économiques et politico-stratégiques. 


A travers la mise sur pied de ce front commun, ses fondateurs en collaboration avec d’autres mouvements promettent d’ébranler les IFI comme la Banque mondiale et le Fond monétaire internationale (FMI), et les pays du Nord, qui ont trop profité du remboursement des dettes illégitimes et odieuses.


Source : www.cadtm.org

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