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DETOURNEMENT DES VIVRES

Publié le par nassaramoaga

DETOURNEMENT DES VIVRES DES SINISTRES DE ZONGO
DES CONSEILLERS CDP ET DES RESPONSABLES DU SITE SOUPÇONNES


Le 1er septembre dernier, Ouagadougou s’est réveillé les pieds dans l’eau. De milliers de maisons ont cédé face au 264 mm d’eau tombée. Plus de 150 000 personnes étaient sans maisons. En plus elles ont tout ou presque tout perdu. Ces personnes sinistrées ont eu comme point de chute les écoles et autres lieux publics. L’évènement que venait de vivre le pays était affligeant. Le Burkina Faso venait de faire face à un drame jamais vu. Le 07 septembre 2009, le président du Faso fait appel à l’aide nationale et internationale. Ainsi, tout le monde, toute tendance politique, philosophique ou religieuse confondue, la main dans la main, va aider les milliers de sinistrés. Contre toute  attente, certains responsables de sites, sans scrupules ont trouvé en ces aides un moyen de faire une bonne vie. Eh oui, ces responsables auraient eu le culot de détourner les vivres destinés aux sinistrés. Cette scène s’est notamment passée à Zongo, Zone 1, situé à l’Ouest de la ville de Ouagadougou.


Zongo est en effet parmi les quartiers de Ouagadougou le plus touché par la pluie diluvienne du 1er septembre dernier. A peu près 4 600 sinistrés y furent enregistrés. 2 000 sinistrés vivaient dans un site d’accueil gouvernemental, à savoir l’école Wati-noma. Là-bas les conditions de vie étaient peu reluisantes. Des promesses de hautes personnalités de l’Etat  ne furent toujours pas tenues. Par exemple, le Maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, lors de son passage avec l’ambassadeur de l’Allemagne aurait promis à chaque famille de 4 personnes un sac de mil et de haricot de 25 Kg, une natte, une couverture et une moustiquaire. Les familles de cinq personnes et plus devraient, elles, avoir le double du premier exemple.
           
Ce ne sont que des couvertures, des moustiquaires et des lampes qu’elles ont reçues pour l’heure. Les sinistrés se contentaient du repas quotidien qu’on leur donnait. Une dame qui était dans la commission  préparation et qui préférait garder l’anonymat nous raconte le calvaire : « On recevait 10 000 F par jour pour les 2 000 personnes. Avec les 10 000, il fallait payer les condiments et les bois pour les deux ou trois repas par jour. On avait seulement trois marmites de n°30, et on recevait 5 l d’huile pour tous les repas du jour ». Et elle conclue en ces termes : « C’est comme si on ne recevait rien ».
           
L’autre promesse non exécutée serait celle de la 1ère Dame Chantal Compaoré. Celle-ci avait promis 10 millions de FCFA en espèces et des vivres qu’elle estimait à 6 millions de nos francs. Elle aurait ajouté en outre qu’elle amènerait des marmites. Selon les sinistrés que nous avons rencontrés, elle n’aurait amené qu’une marmite n°30.
           
Ainsi, on se pose beaucoup de questions. Pourquoi les sinistrés sont délaissés de la sorte alors que les vivres emportés de part et d’autre sont pour les besoins de la cause ? Pour qui réserve t-on ces vivres ?
           
En plus de ces conditions de vie difficile des sinistrés, certains conseillers et précisément conseillers du CDP, et des responsables du site Ecole Wati-noma à Zongo se paieraient le luxe de détourner des vivres. C’est du moins, ce que nous ont confié bon nombre de sinistrés de Zongo Zone 1.

« Depuis que nous sommes à l’école Wati-noma, nous n’avons jamais reçu de sardines, pourtant, on nous les amenait »,
nous dit une dame visiblement très dépassée par le comportement de deux conseillers CDP. Wilfrid Yaméogo, sinistré de la zone nous  dit : « Les conseillers repartaient chaque soir avec des Brafaso, l’huile, et des sardines. Et c’était par cartons ». Certains témoins de cet acte ignoble des conseillers du quartier et des responsables du site ont assisté impuissants au vol de ces nouveaux voyous.

A.K, appelons cette dame ainsi, nous donne sa version des faits : « Dans la nuit du 25 septembre, à la veille du départ pour le nouveau site, on voyait des conseillers eux-mêmes avec des voitures, des charrettes en train de ramasser des vivres. C’était de 22 h à 5 h du matin ». Or c’était l’armée qui devrait se charger du ramassage des vivres et autres. Elle est venue dans la journée du 26 septembre dernier pour le ramassage les sacs de riz et de mil. A la question de savoir où les conseillers amenaient les vivres qu’ils emportaient, nos témoins ne le savent pas pour le moment.
           
Un charretier qui ramassait s’est vu interpelé par un sinistré sur la destination de son voyage, il aurait dit que ce qui est sûr, c’est qu’il n’emporte pas les vivres au lieu prévu pour accueillir les sinistrés.
           
Au regard donc de ces témoignages, nous avons essayé dans la matinée du 1er octobre dernier de rencontrer  les responsables. C’est seulement Jean Marc Nikiéma que nous avons eu. D’abord il nous a demandé à savoir celui qui nous a dit qu’il est responsable du site de l’école Wati-noma. Nous lui avons dit qu’il a la liberté d’infirmer ou de confirmer. Alors, il a confirmé mais nous a dit qu’il ne peut pas répondre sans avoir préalablement contacté les autres. « Qui sont-ils, les autres ? Pouvez-vous nous donnez leurs numéros et leurs noms ?», lui avons-nous posé comme question. Jean Marc Nikiéma refuse de répondre à cette dernière question.

En définitive, si on demandait aux sinistrés de Zongo zone 1, ils diront qu’il y a eu détournement des vivres. Si c’est le cas, c’est vraiment déplorable. Comment peut-on s’enrichir sur le dos de ceux qui ont tout perdu, si ce n’est pas être inhumain ? Pourtant c’est cet acte qu’il fallait coûte que coûte éviter dans ce feuilleton climatique de septembre 2009.
           
Tout porte à espérer qu’une enquête doit être ouverte pour punir sévèrement ces délinquants si réellement le détournement se vérifiait.
           
De toutes les façons, le gouvernement n’a pas intérêt à garder le silence. L’image du pays en dépend. Surtout que le gouvernement s’était donné pour défi de bien gérer les dons et de les faire destiner aux bénéficiaires que sont les sinistrés. En tout cas, voici des témoignages qu’on peut utiliser judicieusement pour découvrir la vérité. A bon entendeur.




Source:  Issouf Sidibé ( Sanfinna )



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