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dernier rapport de Transparency International

Publié le par nassaramoaga

Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) décortique, dans l’article ci-dessous, le dernier rapport de Transparency International. Les nouvelles ne sont pas bonnes pour le Burkina, classé 98e.


 

http://www.transparence-france.org/e_img/chapitres/carte_ipc_2010_v2_320x200_2.jpgL’organisation internationale, Transparency International, a publié ce 26 octobre 2010 son Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2010. L’IPC donne un classement évaluant 178 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant leur administration publique et leur classe politique. Avec une note de 3,1, le Burkina Faso se classe au 98e rang. Ce qui constitue un recul par rapport aux deux dernières années. L’IPC donne depuis 1995, la perception de la corruption dans un pays au cours des deux dernières années. L’IPC est un indice composite, fondé sur 13 enquêtes différentes menées auprès d’experts et d’hommes d’affaires de par le monde. Les données ayant servi pour le calcul de l’IPC 2010 ont été collectées entre janvier 2009 et septembre 2010.

 

Principaux résultats de l’IPC 2010


Dans cette édition 2010, près de 3/4 des 178 pays évalués ont un score inférieur à 5, sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu). Ce résultat montre la gravité du phénomène de corruption dans le monde en général. Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour se retrouvent en haut du tableau avec un score de 9,3. Les gouvernements instables, souffrant souvent de l’héritage de conflits, continuent d’occuper le bas du tableau. C’est le cas de l’Iraq, l’Afghanistan, le Myanmar et la Somalie qui occupent respectivement les trois derniers rangs du classement. Entre les éditions 2009 et 2010, on note une amélioration des scores pour certains pays. Sont de ceux-là, le Chili, la Gambie, la JamaÏque, le Koweït et le Qatar. Une dégradation des scores sur la même période est observée pour des pays comme la France, l’Italie, Madagascar, le Niger, les États-Unis et le Burkina Faso. Ces résultats font dire à Huguette Labelle, présidente de Transparency Intemational dans un communiqué de presse que : « Des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis vers le renforcement de la gouvernance à travers le monde. Lorsque les moyens de subsistance d’un si grand nombre de personnes sont en jeu, les engagements des gouvernements envers l’anti-corruption, la transparence et la redevabilité doivent se traduire par des actions concrètes. La bonne gouvernance est un élément essentiel de la solution aux problèmes de politique mondiale auxquels sont confrontés les gouvernements. » Pour renverser la tendance, les gouvernements doivent mettre en place des mesures anti-corruption dans toutes les sphères de la vie. C’est pour cela que Transparency International plaide pour une mise en œuvre plus stricte de la Convention des Nations unies contre la Corruption, initiative internationale offrant un cadre permettant de réduire la corruption.

 

Quelle leçon tirer du recul du Burkina Faso ?


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Le Burkina Faso, avec une note de 3,1 se place au 98e rang sur 178 pays. Le score du Burkina Faso reflète un net recul par rapport aux scores des deux dernières années. En effet, en 2009 avec une note de 3,6, le Burkina Faso se classait à la 79e place sur 180 pays. En 2008, il était classé à la 80e place sur 180 pays avec une note de 3,5. Le score de 3,1 en 2010 avoisine celle de 2007 (2,9) où le Burkina Faso se trouvait dans la zone de corruption endémique. Quelles peuvent être les raisons pour lesquelles des experts et hommes d’affaires interrogés ont donné une telle image négative de la corruption au pays des hommes intègres ?

 

Entre janvier 2009 et septembre 2010, période couverte par l’enquête, l’actualité burkinabè a été marquée par plusieurs affaires de corruption. Les structures étatiques comme l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et la Cour des comptes ont publié leurs rapports d’activités qui ont révélé des fautes de gestion qui foulent au pied les règles élémentaires de gestion et des cas de malversation financière portant sur des sommes importantes d’argent. Ces cas révélés sont restés impunis malgré la multiplication des discours de fermeté des autorités politiques. La justice qui a la capacité d’auto-saisine pour poursuivre les auteurs de ces cas de malversation ne réagit pas, même sur des dossiers de corruption manifeste qui ont fait l’objet de plainte judiciaire on n’observe aucune avancée. En janvier 2009, le bimensuel Le Reporter avait publié les noms des personnes qui ont acquis à crédit, des villas avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Ces débiteurs de la CNSS accusent des retards dans le règlement des échéances. Pour rappel, c’est la Cour des comptes qui, dans son rapport 2006 rendu public en décembre 2008, avait dénoncé ces prêts déguisés non remboursés sans citer les noms des bénéficiaires. Mais suite à la publication de l’article du Reporter, des menaces de mort lui ont été adressées, ce qui a contribué à une publicité encore plus grande de l’affaire. En outre, la période couverte par l’enquête a été marquée par une recrudescence de la passation des marchés publics par la procédure de gré à gré, procédure considérée comme une porte ouverte à toutes les malversations. Cette fréquence des attributions de marchés de gré à gré exclusivement financés par le budget de l’Etat (16 en six mois !) avait conduit le REN - LAC à adresser une demande d’information au ministère de l’Economie et des finances en décembre 2009. La médiatisation de toutes ces affaires a sans nul doute contribué à dégrader la confiance que les personnes interrogées avaient sur la lutte contre la corruption au Burkina Faso.

 

Le recul du Burkina Faso dans le classement doit interpeler le gouvernement burkinabè, car, malgré la création de nouvelles structures de lutte anti-corruption et l’affirmation de la volonté politique dans les discours, le manque de sanction contre les auteurs de corruption reste perçu par beaucoup de citoyens comme une manifestation d’un manque de volonté politique de lutter contre le fléau. Ce qui est incompréhensible et intolérable, parce qu’ils sont nombreux les Burkinabè pauvres et vulnérables qui n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires du fait des conséquences néfastes de la corruption. Comme le reconnaît la présidente de Transparency International : « Il faut davantage de respect des lois et réglementations existantes. Il ne devrait y avoir aucun refuge pour les corrompus ou leur argent. »

 

http://www.fasopresse.net/IMG/cache-150x134/arton13847-150x134.jpgLe Reseau National de Lutte Anticorruption (REN-LAC) Tel : 50 43 32 83 begin_of_the_skype_highlighting            50 43 32 83      end_of_the_skype_highlighting, Tél. vert : 80 00 11 22, Site web : www.renlac.org

 

Source: LePays

 


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