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Danse : l'inspecteur et le footballeur

Publié le par nassaramoaga

http://www.starafrica.com/fileadmin/imported/news_23722_0.jpgEn tournée avec leurs dernières créations, les burkinabè Salia Sanou et Seydou Boro sont les fers de lance d’une nouvelle scène contemporaine. Rencontre.

 

Lorsqu’ils se sont rencontrés, l’un était inspecteur de police, l’autre footballeur professionnel. Et pourtant, en dix-sept ans, ces deux amis ont su impulser un nouvel élan… à la danse contemporaine. Chorégraphes et interprètes de renom, Salia Sanou et Seydou Boro parcourent le monde entier : Paris, New York, Tokyo, Jérusalem ou encore Moscou. Ils sont actuellement en tournée en Europe, avant de rejoindre le Canada en juin, avec leurs dernières créations, Concert d’un homme décousu et Dambë1. Deux solos conçus au Centre national de la danse, à Pantin (région parisienne), où ils sont en résidence pour trois ans, jusqu’en 2011.

 

Pour autant, pas question d’oublier leur Burkina natal. « Depuis que nous avons intégré la compagnie de Mathilde Monnier en 1993, nous multiplions les allers-retours entre la France et le Burkina, explique Salia Sanou. Mais c’est à Ouaga que nous trouvons notre inspiration. » Raison pour laquelle ils présentent toujours leurs créations dans la capitale burkinabè, là même où ils ont ouvert en 2006 le Centre de développement chorégraphique (CDC) La Termitière.

 

Ce lieu est devenu l’une des platesformes les plus réputées d’Afrique de l’Ouest, avec l’École des sables de Germaine Acogny, au Sénégal. Formés au théâtre, à la danse, à la musique et au cinéma au sein de l’Union des ensembles dramatiques de Ouagadougou (Unedo), Salia et Seydou expérimentent de nouvelles voies d’interprétation. Né en 1969 à Leguema, près de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du pays, Salia Sanou a d’abord été initié à la danse traditionnelle. « Mon grand-père, explique-t-il, était le chef spirituel et religieux, garant des croyances ancestrales et mémoire vivante de Leguema. » À 16 ans, Salia rejoint la capitale pour poursuivre ses études et passe, à 20 ans, le concours de l’École nationale de la police. « Je partageais mon temps entre Ouaga et Bobo-Dioulasso, où je me produisais avec la troupe de Drissa Sanou. Je participais à tous les événements importants de la région, aux cérémonies, aux funérailles. » À Ouaga, le soir venu, l’inspecteur Sanou troque l’uniforme contre les costumes des personnages qu’il interprète. Mais il se garde bien d’en informer ses collègues de la Direction de la surveillance du territoire (DST) où il effectue un stage. Un flic qui danse, voilà qui dérange…

 

 

 Suite de l'article sur Jeune Afrique

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