Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

C’est parti pour un mois d’abstinence et de privation

Publié le par nassaramoaga

Le ramadan, temps fort de l’islam, a commencé officiellement ce jeudi 12 août au Burkina Faso. Pendant cette période d’intense spiritualité, les musulmans qui respectent à la lettre les piliers de l’islam doivent s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. A Ouagadougou, les prix des denrées n’ont, apparemment, pas encore augmenté, mais des fidèles musulmans invitent déjà les commerçants au bon sens et à la retenue, face à une éventuelle hausse des prix.


http://86.img.v4.skyrock.net/869/maganissa/pics/1521898384.jpg

 

Même si le climat particulièrement frais de la saison pluvieuse est favorable au jeûne du ramadan, les fidèles musulmans sont toujours préoccupés par le renchérissement de certaines denrées de première nécessité indispensables à la pratique quotidienne de ce pilier de l’islam.

 

Au grand marché de Ouagadougou, le prix des denrées n’a pas encore augmenté, à en croire certains commerçants. Moussa Louré, vendeur d’huile et d’autres produits de première nécessité, espère que les prix vont demeurer ainsi chez les grossistes pour que les fidèles musulmans puissent effectuer le jeûne dans “le bonheur et dans l’allégresse”. Noëlle Zoungrana affirme que le prix du sucre a augmenté.

 

Mais elle explique que cette augmentation n’est pas liée au mois de carême : “Le carton de sucre coûte 17 500 F CFA depuis longtemps. A mon avis, cela est lié au fait qu’on interdit l’importation du “faux sucre” (NDLR : sucre importé), alors que la production nationale ne couvre pas la demande”. Pour Tiemtoré Boureima, il n’y a pas de prix standard, ce qui explique la montée vertigineuse de certains produits en cette période : “Moi, je vends le paquet de sucre à 700 F CFA le kg. Si ailleurs on fixe le prix à 800 F CFA, le client est obligé d’acheter, car il n’y a pas de concurrent dans les environs”, a-t-il déploré.


http://static.flickr.com/57/211691921_f09dd38166_b.jpg

 

Des fidèles musulmans demandent que l’Etat intervienne pour éviter que des commerçants véreux ne profitent de cette période pour s’enrichir. “L’Etat doit travailler, de concert avec les commerçants, à diminuer le prix de certaines denrées indispensables aux musulmans en cette période, comme cela se fait dans certains pays comme le Sénégal ou le Mali”, s’exclame Abdoulaye Tapsoba. Rasmané Ouédraogo renchérira en demandant à l’Etat de “chasser” les fonctionnaires qui pratiquent le commerce car, dit-il, “ils payent des tonnes de cartons de sucre et de bidons d’huile, les stockent puis les revendent pendant le jeûne.

 

Non seulement les produits perdent de leur qualité, mais aussi le coût devient plus élevé”. Les consommateurs sont donc invités à la vigilance. A la grande mosquée de Ouagadougou, des clients s’approvisionnent en dattes. 1000 F CFA le kg, c’est le prix pour le moment. Mais ce prix est variable, car chez les grossistes il n’est pas non plus fixe, nous explique un vendeur, visiblement satisfait de l’affluence de la clientèle.

http://www.burkina-passion.com/img/grande-mosquee.jpg

Pour certains clients, l’augmentation du prix de certaines denrées ne les empêche pas d’accomplir ce pilier de l’islam. “30 jours de vie dure. Je le ferai, inch Allah, même si mon salaire est dérisoire...”, déclare Harouna Ouédraogo, venu s’approvisionner en dattes. A l’intérieur de la mosquée, nous avons rencontré le président de la commission domaniale de la Communauté musulmane, Saïdou Ouédraogo, dit Saag-Naaba.

 

Avant de souhaiter un bon début de carême à tous les fidèles musulmans du Burkina, il a invité au bon sens et à la retenue les commerçants, pour permettre aux fidèles d’effectuer au mieux ce mois béni de ramadan. Le ramadan est le 9e mois du calendrier musulman. Il marque le début de la révélation du Coran faite au prophète Mohamed. Il est l’un des 5 piliers de l’islam, les quatre autres étant la profession de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage.

 

Source : L'Observateur Paalga

Commenter cet article