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Affaire Thomas Sankara

Publié le par nassaramoaga

Renvoyé lors de la dernière audience qui s’est tenue le 26 avril 2012, le pourvoi en cassation formé par les avocats de la famille Sankara, pour séquestration sur la personne du défunt président Thomas Sankara, a été effectivement examiné le 24 mai 2012 à Ouagadougou dans la salle d’audiences de la Cour de cassation. Après une analyse des motifs évoqués par le Conseil de la famille Sankara, représentée par Maître Bénéwendé Sankara, le ministère public (parquet général) a estimé que le pourvoi n’a plus de sens aujourd’hui puisque la Cour suprême, de par le passé, a rendu des arrêts soutenant l’incompétence des juridictions de droit commun. De ce fait, le ministère public estime qu’il y a autorité de la chose jugée. Le juge de la Cour de cassation, pour sa part, après avoir entendu les deux parties, a mis le dossier en délibéré le 26 juin 2012.

 

Sankara_th.jpgComme pour calmer l’ardeur du public, cette fois-ci peu nombreux, le ministère public (parquet général), à qui la parole a été donnée en premier, a commencé par citer les dispositions légales régissant la tenue des audiences au Burkina Faso et le comportement à adopter lors des audiences. Il dit n’avoir pas apprécié les manifestations qui ont eu lieu le 26 avril 2012 quand le juge a prononcé le renvoi du dossier. Pour lui, « tous les dossiers sont sérieux ». Il a donc invité le public « à suivre sans passion » les débats. Après cette brève parenthèse, le ministère public a fait des observations sur les motifs invoqués par le Conseil (avocats) de la famille Sankara. De ces observations, il est ressorti que les avocats de la famille Sankara n’ont pas visé expressément une loi dans l’énonciation des motifs. En plus, il a relevé que le certificat de décès ne doit pas faire l’objet de débats, que l’action publique est éteinte puisque la Cour suprême, dans les années antérieures, a rendu des arrêts qui soutenaient l’incompétence des juridictions de droit commun burkinabè concernant la même procédure de séquestration. Le parquet général estime donc que la Cour de cassation n’est plus en mesure de se prononcer sur la même procédure portant sur le même dossier. Maître Bénéwendé Sankara, un des avocats des ayants droit du défunt président burkinabè, s’est basé dans sa plaidoirie sur les constatations du comité des droits de l’Homme de l’ONU. Selon ce comité, le Burkina avait violé le pacte relatif aux droits civils et politiques et a renvoyé le dossier aux juridictions de l’ordre interne compétentes pour connaître de l’affaire. Le président de la Cour de cassation, après avoir écouté les parties, a mis le dossier Thomas Sankara en délibéré au 26 juin 2012. Me Bénéwendé Sankara, se prononçant sur les observations du ministère public au sortir de l’audience, a laissé entendre que : « c’est son argument à lui (le parquet général) » et que « de toutes les façons, le Burkina Faso est un Etat de droit. » Loin de baisser les bras, il fait savoir que « cette procédure est une procédure parmi tant d’autres. Nous avons commencé, il y a pratiquement 25 ans. Si nous n’arrivons pas à trouver l’assassin du président Sankara, nos enfants vont le trouver. La justice est pérenne ». La salle d’audiences n’a pas enregistré une grande affluence ce 24 mai 2012. Tout compte fait, Boukary Kaboré « Le Lion » (en habit traditionnel blanc) et bien d’autres personnes ont assisté à l’audience.

 

Sources: Le Pays

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