Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

50 ans et La France plus présente que jamais

Publié le par nassaramoaga

http://afrikamerik.files.wordpress.com/2010/01/afrique.jpgCe cinquantenaire de la décolonisation n’est pas seulement une affaire africaine. La France, en particulier, veut faire de 2010 une  » Année de l’Afrique « . D’ailleurs, les présidents d’Afrique se retrouveront autour de Sarkozy à Paris, en février 2010 pour le traditionnel sommet France-Afrique. La France, justement, donne l’impression de n’accepter que du bout des lèvres la démocratisation du continent. Dans son pré-carré, elle s’y est opposée farouchement depuis 1960, n’hésitant pas, le cas échéant, à recourir à l’assassinat et à la corruption. Les déclarations de Bernard Kouchner sur le cas Guinéen en disent long. Aujourd’hui encore, elle est connue, à tort ou à raison, pour son soutien le plus tenace, le plus retors et le plus indéfectible aux satrapies les plus corrompues du continent et aux régimes qui, justement, ont tourné le dos à la cause africaine. Le Burkina Faso place sa commémoration sous le thème :  » 50 ans de construction d’une nation : souvenir et espérance « . 2010 est dite année du cinquantenaire. Des festivités sont donc prévues tout au long de cette année. Pour la circonstance, la Semaine nationale de la culture (SNC) se déroulera du 29 juillet au 05 août 2010. Il y aura aussi la fête nationale du 11 décembre et entre les deux, l’élection présidentielle. Les autorités tiennent absolument à la réussite de cet évènement. Elles ne lésinent donc pas sur les moyens.

sankara1.jpg

Comment peut-on parler d’indépendance en Afrique alors qu’il y a moins de 24 ans, Thomas Sankara était assassiné par l’idéologie colonialiste et ses sbires, parce qu’il rejetait ce que certaines personnes semblent aujourd’hui vouloir ériger comme une autodétermination de l’Afrique et qui en réalité n’est rien d’autre qu’une auto aliénation savamment accompagnée ?Comment peut-on fêter une soumission organisée lorsqu’on sait qu’en publiant  » Liberté, Monnaie et Servitude « , Joseph Tchundjang Pouémi perdait sa vie en démontrant la plus grande escroquerie financière de tous les temps et jamais remise en cause : l’existence du Franc CFA et la juteuse manne financière qu’il garantit à la France ? Comment peut-on prétendre parler des indépendances en Afrique lorsque les Etats-Unis d’Afrique demeurent un serpent de mer ou lorsque les symboles de domination continuent de violenter l’inconscient et la conscience collectifs des peuples ? Les statues et autres noms des rues mettant en évidence les figures de la colonisation inondent les villes et quartiers lorsqu’ils ne vous accueillent pas aux frontons des édifices publics. La liste ne saurait être exhaustive pour montrer ce que révèle en réalité cette euphorie sur les 50 ans d’indépendance en Afrique. Il est facile pour chacun de comprendre que fêter une telle aberration, c’est annihiler le combat de ces Africains tombés pour la vraie liberté à laquelle, l’Afrique aspire encore. Ce dont il s’agit, n’est rien d’autre qu’une distraction, un leurre qui comme dans les années 60, initiés par la main invisible du colonisateur, et en cela aidé dans cette manœuvre par des complicités sur place dont le but est d’amuser la colonie pour le bien-être des  » affaires  » de ce dernier. Nicolas Sarkozy n’intimait-il pas l’ordre aux dirigeants africains dernièrement de ne plus parler de la colonisation ? Plus frappant était la non réaction de ses  » homologues  » africains qui n’ont esquissé aucune désapprobation par rapport à cette intransigeance française. Ainsi le résumait feu Francis Bebey dans une de ses chansons : » Tout le monde parle de l’Afrique, ceux qui la connaissent bien disent qu’elle est malade ; mais quel est donc le mal que tu as ô ma mère ?  » et l’Afrique de lui répondre « Je suis mal aimée c’est cela mon mal. Les gens parlent de moi en disant Afrique ! Afrique ! Mais dans leur cœur, ils ne pensent qu’au Fric « .


http://www.rcamagazine.com/_news/data/upimages/articles_billetFCFA.bmp
Au lieu de fêter des indépendances politiques non consolidées, il serait plutôt approprié de se départir de la servitude volontaire et de fêter les luttes sincères initiées par les illustres africains pour un développement endogène progressif et progressiste.


Source : Bendré Par Isaac Konfé

Commenter cet article