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Prévenir les risques d’infections

Publié le par nassaramoaga

                                                                  La prévention des risques d'infections demeure une nécessité absolue sur les sites d'hébergement des sinistrés. Entre assainissement et mesures d'hygiène, l'on s'active à éloigner toute contraction ou contamination de maladies dans ces regroupements spontanés.

 


                                                                        «Ce n’est pas du tout facile de faire observer les règles élémentaires d’hygiène et d’assainissement à des gens. Cela est d’autant plus difficile lorsque ces gens sont regroupés en grand nombre et viennent d’horizons divers pour se retrouver sur un même site», reconnaît Seydou Sawadogo, responsable d’un site d’hébergement de sinistrés au secteur n°30 de Ouagadougou. Suite à la pluie diluvienne du 1er septembre dernier, 150 000 personnes (chiffre officiel) ont été recensées comme sinistrées à Ouagadougou. Ces victimes ont été pour la plupart, relogées sur des sites d’hébergement, généralement, des établissements scolaires.
Entre autres préoccupations majeures sur les sites, il y a le souci d’éviter les infections liées au manque d’hygiène et d’assainissement. Il a fallu prendre des mesures urgentes et adéquates. Pour ce faire, autorités, institutions, organisations de la société civile, les sinistrés eux-mêmes, etc. s’investissent.
Mercredi 16 septembre 2009, au lycée communal Rimvougré au secteur n°30 dans l’arrondissement de Bogodogo à Ouagadougou. Il est environ 16 heures 30 mn TU. L’heure est à la distribution de matériels de nettoyage aux dames chargées d’assurer l’entretien des locaux. Ces femmes ont été réunies pour une séance de sensibilisation suivie de distribution de balais, de seaux, de vases, de bouilloires…




«Le matériel nous a été offert par une association», souligne Seydou Sawadogo, le représentant des sinistrés du site d’hébergement. A entendre M. Sawadogo, le site du lycée communal Rimvougré accueille 193 ménages constitués de 1 351 personnes. Il rassure que grâce aux soutiens des associations et des structures, le volet assainissement est bien géré. Selon lui, en plus du matériel, les sinistrés sur le site, bénéficient de séances de sensibilisation et d’information sur les règles à observer pour éviter certaines infections dues au manque d’hygiène et d’assainissement. Le représentant des sinistrés regrette cependant, le fait que certains refusent de respecter les consignes données par les agents du service d’hygiène.
Sur le site d’accueil de sinistrés de l’école Kouritenga, au secteur n°17 de Ouagadougou, dans l’arrondissement de Boulmiougou, c’est pratiquement le même constat. Il s’agit d’un des sites accueillant un grand nombre de personnes. Plus de 2 500 sinistrés y sont logés.



                                                                       

                                                  L’apport des structures sur le terrain


Tanga Ouédraogo et trois autres de ses camarades sont chargés de la gestion des sinistrés logés sur le site.
De l’avis de Tanga Ouédraogo, le volet assainissement est organisé par salle. «Les femmes sont réparties par groupes pour nettoyer les latrines à tour de rôle, alors que d’autres s’occupent des enfants qui salissent les lieux», a-t-il soutenu.
Sur le site de l’école de Kouritenga, les sinistrés reçoivent également des séances de sensibilisation. «La Croix-Rouge nous a envoyé des animateurs en vue de sensibiliser les populations logées sur le site. La sensibilisation concerne essentiellement les dispositions à prendre pour éviter les maladies, telles que le paludisme, le choléra ou d’autres maladies contagieuses», poursuit le responsable des sinistrés. Et d’ajouter qu’une équipe d’agents de santé est installée sur le site et s’occupe du volet sanitaire.
Nous y avons effectivement trouvé le major Noufou Gustave Nana du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Cissin et d’autres personnels de santé. Le major Nana confirme que l’hygiène est bien suivie sur le site. Il précise que les agents de santé veillent à ce que tout se passe dans les normes. Gustave Nana et ses collègues, pour raison de «secret professionnel » refusent de se prononcer sur les éventuels cas de maladies déjà enregistrées sur le site.

 

 

 

                                                                                 A l’école de Kouritenga, il y a sept (7) latrines initialement construites servant de lieux de soulagement des populations. Le Centre régional pour l’eau potable et l’assainissement à faible coût (CREPA) y a également installé des latrines et des urinoirs mobiles. En effet, parmi les structures dont l’investissement est visible sur le terrain, figure le CREPA. Sa zone d’intervention pour le moment est l’arrondissement de Boulmiougou. Selon le directeur général du CREPA, El Hadj Cheick Tidiane Tandia, les latrines installées pour la circonstance sont de type Ecossan. Ces latrines, de son point de vue, ont plusieurs avantages. «Elles ne contaminent ni le sol, ni la nappe souterraine. En plus, les sous-produits sont utilisés pour l’agriculture. Sans oublier le fait qu’on peut les déplacer facilement», a-t-il expliqué.
Il ressort que 50 latrines et autant d’urinoirs mobiles Ecossan sont en train d’être progressivement installés sur les sites d’hébergement des sinistrés. Le directeur général a mentionné que le CREPA a mis en place des groupes d’animateurs sur les sites pour sensibiliser les populations à la gestion des latrines et des urinoirs, de même qu'aux règles d’hygiène et d’assainissement.
Dès les premiers moments de la catastrophe, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) a pris le taureau par les cornes. En effet, la nationale de l’eau au Burkina Faso s’est mobilisée pour apporter son aide et son expertise aux sinistrés.
Entre autres, l’ONEA se charge de vidanger les latrines lorsque celles-ci sont pleines, alimente les sites en eau potable. Pour le coordonnateur du site de Nemnin au secteur n°12, Mamadou Dermé «c’est grâce à l’ONEA que les sinistrés ne sont pas inondés par les eaux usées».
Joseph Sy Sanogo, technicien supérieur de l'assainissement à l'ONEA affirme qu'au lendemain du 1er septembre, des agents de l'Office ont été déployés sur le terrain pour voir si les sites disposent d'eau potable et s'assurer ensuite s'il y a des ouvrages de collecte des eaux usées et des excréta.
 "Le risque d'un péril fécal (infections liées aux fèces) était très grand", a-t-il mentionné avant de poursuivre que l'ONEA a aussi transformé certaines latrines des écoles en toilettes.
Jusqu'au moment où nous tracions ces lignes, nous n'avions pas eu vent d'une épidémie due à un manque d'hygiène et d'assainissement sur un site.


                                                                                                                         Sources: Alban KINI  Alban_kini@yahoo.fr(Sidwaya)






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