Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La réhabilitation des ouvrages endommagés a commencé

Publié le par nassaramoaga



Les inondations du 1er septembre 2009 ont sérieusement détérioré plusieurs ponts et routes à Ouagadougou. Le mardi 22 septembre, les entreprises choisies pour réhabiliter ces infrastructures étaient à pied d’œuvre pour respecter le délai de deux mois pour l’exécution des travaux.

La circulation sur le pont Kadiogo était toujours restreinte en cette fin de matinée du 22 septembre 2009. En amont comme en aval, les remblais ont cédé sous la furie des eaux, laissant une mince bretelle pour les usagers de la voie. Des policiers postés à côté des barrières de sécurité invitent à rouler à une lente allure. Cependant sur le bas-côté à l’Ouest, c’est la course contre la montre de part et d’autre du canal du Moogho-Naaba. En amont, côté siège du FESPACO, des ouvriers coulent du béton pour reconstituer les dalles du canal emportés par les eaux.
En aval vers la station Total-Gounghin, c’est un ronronnement ininterrompu de bulldozers, niveleuses, compacteurs, camions, bétonneuses... “Les dégâts sont très importants. Il faut d’abord stabiliser le terrain”, indique Romuald Agboton, conducteur des travaux à SACBA-TP, l’entreprise chargée de réhabiliter l’ouvrage du pont Kadiogo. Selon les ouvriers, il n’y a pas de difficultés majeures. Mais du fait des installations de l’ONEA, les travaux ne peuvent pas être exécutés aussi rapidement. “Il faut protéger ce qui reste, veuillez à ne pas priver les habitants d’eau parcequ’il y a des tuyauteries suspendues”.
Les travaux sont exécutés sous le regard d’une équipe de la Direction générale des ouvrages d’art (DGOA), un démembrement du ministère des Infrastructures et du Désenclavement. “Nous sommes satisfaits de l’état d’exécution. Il n’y a pas d’inquiétude sur la qualité des travaux puisque nous veillons au grain”, confie François Xavier Ouédraogo, chef de l’équipe de la DGOA.



De l’eau qui fait bouger le sol


Au niveau du pont de Larlé menant à l’immeuble Baonghin, le soleil de plomb n’entame pas également le rythme du travail. La circulation y est interdite. Les différents engins se relaient pour remblayer et stabiliser la voie. Sur les bas-côtés de cette route étroite, des arbres ont été arrachés pour permettre aux grosses machines de pouvoir manœuvrer. Ici, c’est l’entreprise Suzy Construction qui exécute les travaux. “Actuellement, on n’a pas de difficultés, les travaux avancent correctement”, indique Philippe Kekessi, conducteur d’engin à Suzy Construction.




Cependant, il souligne que l’entame des travaux n’a pas été de tout repos. En effet, les caniveaux étaient bouchés par les déchets et l’eau qui devait s’écouler normalement dans le canal a dévié pour aller ronger la route et stagner dans le sol. Les ouvriers ont dû purger l’eau.
Malgré cela, au passage d’une machine de couleur jaune munie d’un gros cylindre à l’avant, communément appelé “rouleau compresseur”, le sol se met à vibrer. “Il y a toujours de l’eau en bas, c’est ça qui fait bouger le sol. Mais depuis qu’on a purgé, ça va”, c’est en ces termes que s’est exprimé le conducteur d’engin Philippe Kekessi. Si au niveau des ponts Kadiogo et Larlé, les travaux avancent bien, il n’en était pas de même au niveau du pont Réné Monory. Au niveau des barrières, les policiers refoulent les téméraires qui persistent à vouloir passer alors qu’à vue d’œil, l’état du pont ne permet pas la circulation.
En aval, vers le siège de la société Watam, des engins de chantier sont stationnés. Mais le terrain est déjà stabilisé. “On a réalisé la couche d’assise, plus deux autres couches pour stabiliser le sol”, précisent trois jeunes gens de l’entreprise COGEB International, chargé de l’exécution des travaux du pont René Monory.


“Ce n’est pas la faute à COGEB”


Par contre, en amont, côté Paroisse Jean XXIII, on aperçoit toujours intactes, les cicatrices béantes qui ont entaillé la voie lors des inondations. Assise sous un neem à côté des engins, Mme Nadège Ouédraogo née Bilgo de la Direction générale des ouvrages d’art (chargée du contrôle), n’observe pas de difficultés et affirme que les travaux avancent comme il se doit. “L’entreprise COGEB International a les moyens qu’il faut. Sauf qu’aujourd’hui (22 septembre), ils sont allés pour aménager les sites pour les sinistrés. C’est la raison pour laquelle nous chômons. Mais d’ici au soir, les ouvriers seront de retour avec les engins pour continuer les travaux”, explique Mme Ouédraogo.


Pour le responsable de l’équipe de la DGOA chargée de la supervision des travaux de réhabilitation des ponts et du barrage n°2, François Xavier Ouédraogo, “nous ne pouvons pas donner tort à COGEB International parce que les travaux n’avancent pas. C’est eux qui aménagent les sites pour pouvoir réinstaller rapidement les sinistrés et libérer les classes. Là-bas, c’est beaucoup plus urgent qu’ici”. Pour l’ensemble des ouvrages, le délai d’exécution des travaux est de deux mois. “Sur l’ensemble des chantiers, les travaux avancent normalement et je puis vous dire que les voies seront libérées avant le délai”, assure François Xavier Ouédraogo.
A propos du coût global des travaux de réhabilitation, le responsable du contrôle observe une prudence de sioux. “On ne peut pas déterminer à l’avance le budget parce qu’il y a des travaux qui n’étaient pas prévus et dont on se rend compte de la nécessité sur le terrain”, soutient François Xavier Ouédraogo. Qui plus est, la réhabilitation va consolider davantage les ouvrages. Par exemple, le goudron y sera remplacé par du béton bitumineux.


Sources: Bachirou NANA(Sidwaya)

Commenter cet article