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Magouilles and co...

Publié le par nassaramoaga

 

                                             Les propos du ministre Dabilgou le jour des inondations ont fait peur. L’on se rend compte que les lotissements se font sans tenir compte des voies d’évacuation des eaux, l’essentiel étant de dégager les parcelles. Et les populations installées ont payé un lourd tribut ce lundi 1er septembre. Il sait de quoi il parle. Il a le mérite de désillusionner ceux qui jusque-là buvaient les propos des autorités municipales comme paroles d’évangile sur une quelconque planification du cadre de vie. Vincent Dabilgou a duré dans les rouages de la mairie de Ouagadougou. Depuis 1992, il y est jusqu’à ce qu’il devienne ministre en juin 2007. Il a été le Coordonnateur National du Projet de Renforcement Des capacités des Communes Urbaines (PRCCU / PNUD), Chef du Projet Programme Prioritaire d’Equipements Marchands (PPEM), Directeur des Services Techniques Municipaux (DSTM), Directeur des Affaires Economiques et de l’Aménagement Urbain de la commune de Ouagadougou. Il reconnaît dans le document de politique nationale de l’habitat et du développement urbain qu’il a fait adopter en Conseil des ministres du 7 mai 2008 que les outils de planification font de même que de nombreux projets et programmes en faveur du développement des villes et de l’habitat par la production de parcelles et d’équipements collectifs. Avant cette période, la ville est comme un amas de populations. A partir de 1995, le document relève que la gestion foncière par les collectivités territoriales a conduit à un dérapage dans les opérations de lotissements massifs réalisés sans aucune disposition de viabilisation et provoquant un étalement excessif (14). En clair, c’est la grande période du bradage du patrimoine foncier, inaugurée par la mairie de Boulmiougou. En octobre 2008, six personnes dont au moins un conseiller municipal et un agent de la mairie sont mises en détention pour s’être rendues coupables de trafic de parcelles. Les plaintes sont quotidiennes à Boulmiougou, et ce ne sont que des sous-fifres qui sont indexés. Les plaintes viennent même du lointain Zagtouli. Les populations qui passent des années dans les zones non loties sont sans cesse repoussées vers de nouveaux sites. Chaque fois qu’elles sont privées de parcelles, elles vont fonder un autre village jusqu’à Bangporé qui a été détruit lors des inondations du 1er septembre. Il est clair que ce désordre a contribué à alourdir le bilan des inondations. Tout cela se passe quelques mois après la célébration des 13 ans de Simon Compaoré à la tête de la mairie. En 13 ans, l’homme déclarait en février avoir investi 130 milliards dans la commune de Ouagadougou. Soit dix milliards par an. La pluie d’une journée à montré les limites de 13 ans de règne. Il est permis de se questionner sur les choix dans les investissements. L’autosatisfaction était donc prématurée. Avec un tel budget, certains comprendront difficilement pourquoi la capitale est parfois inondée, faute de caniveaux, pourquoi certains axes restent impraticables aussi bien en hivernage qu’en saison sèche, ou pourquoi simplement certaines parties de Ouaga restent méconnaissables tant ces zones sont le concentré des déchets et autres facteurs qui provoquent de multiples désagréments ? Surtout la facilité avec laquelle l’eau a tout détruit sur son passage. A tout moment, l’on a affaire à des bouts de caniveaux. Il n’y a pas de sérieux à ce niveau. En plus, les grands caniveaux se comptent sur les bouts des doigts, pour une ville qui ne fait que s’étendre. Pont Kadiogo, université, wemtenga, un bout quelque part à l’intérieur de samandin, et l’on a fait le tour des caniveaux de Ouagadougou. Bref, les 300 mm de pluie sont venus au secours des autorités municipales. Chacune d’elles peut tabler sur la quantité des précipitations, mais à dire vrai, la situation ne serait pas différente même avec 100 mm. Le 1er septembre sera sans doute l’occasion pour Vincent Dabilgou de mettre en branle la nouvelle politique d’urbanisation. Elle pourra commencer par la construction de logements sociaux pour les sinistrés. Mais auparavant, il faut situer les responsabilités et sévir. Il est évident que Simon Compaoré et ses satellites doivent avoir beaucoup d’explications à fournir.




Source: L’Indépendant

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